Dans son cinquième roman, « AvatarS », publié aux Éditions Constellations, Daniella Pinkstein imagine un Paris légèrement futuriste, dominé par les écrans, la surveillance et une violence devenue ordinaire. Trois récits s’y entremêlent, notamment ceux d’Alice, une jeune thérapeute bouleversée par une disparition, et de Salomon, un veuf octogénaire engagé dans un projet clandestin autour de la mémoire de la Shoah.
Journaliste de formation, ancienne attachée parlementaire, linguiste et spécialiste de Stéphane Mallarmé, Daniella Pinkstein nourrit son écriture de ses expériences dans les institutions culturelles et politiques européennes. Dans un entretien accordé à Laurène Thierry pour Entrevue, elle explique que la littérature doit aider à comprendre un monde en mutation, sans se limiter aux images et aux discours instantanés diffusés par les réseaux sociaux.
Une mémoire tournée vers la dignité humaine
Le roman s’inspire notamment des archives clandestines du ghetto de Varsovie réunies sous l’impulsion d’Emmanuel Ringelblum. L’écrivaine ne cherche toutefois pas seulement à raconter la Shoah : elle s’intéresse à la capacité d’hommes et de femmes plongés dans les ténèbres à préserver la beauté, la création et la dignité. Cette mémoire historique rejoint, dans le livre, une réflexion plus universelle sur ce que chacun reçoit de sa famille, de sa culture et des générations précédentes.
Malgré son univers sombre, « AvatarS » demeure profondément optimiste. Daniella Pinkstein refuse le dogmatisme et ne prétend pas dicter au lecteur ce qu’il doit penser. À travers ses anti-héros, le sacré, la spiritualité et les nombreuses références littéraires, elle défend plutôt la possibilité d’un sursaut collectif. Face à une société matérialiste et fragmentée, l’art apparaît ainsi comme un espace de transmission, de discernement et de résistance.
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