À l’heure où le débat public se résume trop souvent à des slogans, certains parlementaires choisissent encore de s’attaquer aux dossiers de fond. C’est le cas d’Ian Boucard. Le député LR du Territoire de Belfort s’apprête à présider une commission d’enquête parlementaire consacrée au coût réel des aides sociales, à leur fonctionnement et à leur impact sur le retour à l’emploi. Une initiative ambitieuse qui pourrait marquer l’un des grands travaux de l’Assemblée nationale avant l’élection présidentielle de 2027.
Le sujet est immense. En France, des centaines de dispositifs coexistent entre l’État, les régions, les départements, les communes et les différents organismes sociaux. Leur coût est estimé à environ 120 milliards d’euros par an, sans qu’aucun inventaire exhaustif ne fasse aujourd’hui consensus. Ian Boucard veut précisément combler cette lacune. L’objectif n’est pas de remettre en cause le principe de la solidarité nationale, auquel il se dit attaché, mais d’apporter enfin une vision claire d’un système devenu d’une grande complexité.
La démarche mérite d’être saluée. Comment réformer efficacement un modèle social lorsque personne n’est capable d’en dresser une photographie complète ? Comment mesurer les effets d’une politique publique sans disposer d’indicateurs fiables ? Avant même de proposer des changements, le député souhaite établir des faits, auditionner les administrations, les économistes, les collectivités, les organismes sociaux et les acteurs de terrain afin que le débat repose sur des données objectives plutôt que sur des impressions.
Un parlementaire de dossiers
Cette commission d’enquête n’est pas un coup politique isolé. Depuis plusieurs années, Ian Boucard, vice-président du groupe Droite républicaine à l’Assemblée nationale, s’est imposé comme l’un des députés les plus investis dans le travail parlementaire. Son nom est notamment associé au projet de loi de simplification de la vie économique, dont il a présidé la commission spéciale. Pendant de longs mois, il a dirigé les auditions, conduit les débats et supervisé l’examen de centaines d’amendements avant de présider la commission mixte paritaire chargée d’aboutir à un texte commun entre députés et sénateurs.
Son engagement se retrouve également dans les domaines de la sécurité, de la lutte contre les fraudes, de la compétitivité économique et de la simplification administrative. Il a notamment porté une proposition de loi visant à instaurer une présomption de légitime défense pour les policiers et les gendarmes dans certaines situations prévues par la loi, tout en intervenant régulièrement sur les questions d’immigration, de réindustrialisation et de soutien aux collectivités territoriales.
La future commission d’enquête sur les aides sociales s’inscrit dans cette même logique : partir des faits avant d’engager des réformes. Ian Boucard souhaite notamment mesurer les situations dans lesquelles l’accumulation de certaines prestations réduit fortement l’écart entre les revenus du travail et ceux issus des aides sociales. Selon lui, une société ne peut durablement accepter que le travail ne procure qu’un avantage financier marginal dans certains cas. Cette interrogation, qui touche à la fois au pouvoir d’achat, à la justice sociale et à la compétitivité économique, mérite un examen sérieux.
Le député entend également documenter la fraude sociale, analyser les mécanismes de contrôle existants et disposer de données consolidées sur l’attribution des aides. Là encore, son ambition affichée est de sortir des postures idéologiques pour produire un rapport parlementaire fondé sur des éléments vérifiables.
Dans une période où beaucoup dénoncent l’affaiblissement du Parlement, cette initiative rappelle que les commissions d’enquête demeurent l’un des instruments les plus puissants dont disposent les députés pour contrôler l’action publique et éclairer les choix politiques. Si les conclusions annoncées pour la fin de l’année débouchent sur des propositions concrètes, Ian Boucard pourrait bien signer l’un des rapports parlementaires les plus influents de cette fin de législature.
Au-delà des clivages partisans, cette commission pose une question simple : la solidarité nationale est-elle aujourd’hui suffisamment lisible, efficace et équitable ? En choisissant d’y répondre par une enquête parlementaire approfondie plutôt que par des slogans, Ian Boucard rappelle que le rôle d’un député consiste aussi à produire des faits avant de produire des lois. À l’heure où la confiance dans les institutions s’érode, cette méthode mérite d’être soulignée.
Emma Ray
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