Dignitaires et candidats aux élections locales ont été dépêchés pour tenter de calmer la population locale. Plusieurs dizaines de personnes, principalement des femmes, manifestent à Timiaouine et Tin Zaouatine, deux communes de l’extrême sud algérien, près de la frontière malienne.

Ce mouvement citoyen inattendu fait suite à des bombardements que l’armée algérienne aurait menés dans la nuit du 21 au 22 octobre contre des orpailleurs issus de la communauté touarègue. Sur des photos et des vidéos partagées par plusieurs internautes, on peut voir des véhicules calcinés. Sur les réseaux sociaux, plusieurs publications font état de sept personnes tuées. Aucun bilan officiel n’a été communiqué à ce stade.

« Les enfants de la patrie qui se dirigent vers les mines d’or au péril de leur vie pour gagner leur pain quotidien sont des victimes de la pauvreté, non des ennemis », peut-on lire sur l’une des pancartes brandies par les manifestants. Ceux-ci estiment également que « l’arrestation et la justice sont plus clémentes que la mort ; le sang des citoyens est précieux et leur protection prime sur leurs bombardements », peut-on lire sur une autre pancarte.

Selon le média indépendant Twala.info, des manifestations se sont tenues mardi 27 octobre devant la brigade de gendarmerie de Tin Zaouatine. Des candidats aux prochaines élections locales sont venus à la rencontre des manifestants afin de tenter de ramener le calme. Le média, qui cite le témoignage d’une manifestante, fait état d’une cinquantaine de personnes présentes au rassemblement. La mobilisation s’est toutefois poursuivie le lendemain à Timiaouine, où elle a pris davantage d’ampleur.

Cette deuxième journée de mobilisation a été marquée par une participation plus importante. Dans plusieurs vidéos publiées notamment sur Facebook, on peut voir des hommes, des femmes et des enfants brandir des pancartes. D’autres images montrent également des pneus incendiés et des panaches de fumée.

Préavis de grève et liste des revendications

À Timiaouine, la mobilisation s’est poursuivie jeudi 29 octobre, avec l’annonce d’un mouvement de grève et la volonté de maintenir les manifestations jusqu’à ce que les revendications de la communauté touarègue soient satisfaites.

Une lettre a été adressée au wali (préfet) de Bordj Badji Mokhtar, comme l’annonce une manifestante dans un extrait vidéo que nous avons consulté. « Nous sommes un seul peuple, nous exigeons l’égalité. Protégez nos enfants des bombardements aux frontières », déclare-t-elle notamment.

Les régions du sud algérien dénoncent depuis plusieurs années la politique du régime, qu’elles accusent de tirer profit de leurs richesses pétrolières et minières sans investir suffisamment dans leur développement.

Vidéo 1 : https://www.facebook.com/share/v/1G1SeCqjfv/
Vidéo 2 : https://www.facebook.com/share/v/1F47RkbVXW/
Vidéo lecture des revendications : https://www.facebook.com/reel/1749421743855950

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