La meilleure défense, c’est l’attaque. C’est décidément la politique adoptée par le régime algérien vis-à-vis de la France.

La 70e édition du Ballon d’or a été marquée par un hommage particulier à Christophe Gleizes, journaliste sportif français détenu depuis plus d’un an en Algérie. Cet hommage, intervenu à un moment important de la soirée, « a donné une visibilité internationale au combat du journaliste », estime Reporters sans frontières.

En Algérie, où le football est une affaire de passion, de fierté et d’histoire, cet hommage fait grincer des dents un régime qui abhorre le fait d’être pointé du doigt. Dès mardi soir, les médias d’État, dont la télévision publique, dénoncent l’« instrumentalisation » d’un événement sportif à des fins politiques, ainsi qu’une « atteinte manifeste à la souveraineté d’un État libre », rapporte notamment AL24News, chaîne d’information publique algérienne.

Terrorisme, Gaza et émeutes en France

Le même média affirme que Christophe Gleizes a été condamné dans une « affaire de terrorisme », sans donner davantage de précisions. Le régime lui reproche notamment d’anciens échanges avec un membre du MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie), entre 2015 et 2017, alors que ce mouvement kabyle n’a été classé comme organisation terroriste qu’en mai 2021.

De son côté, la télévision d’État dénonce une campagne de solidarité à géométrie variable, évoquant notamment le silence des instances sportives concernant les journalistes tués à Gaza. Elle s’interroge ainsi sur les raisons qui ont poussé les organisateurs à consacrer un tel hommage à un seul journaliste.

L’organe de propagande du régime accuse enfin les médias français de détourner le regard d’affaires intérieures plus urgentes, à l’instar des émeutes et des manifestations lycéennes.

Zizou, le soutien de trop

Cet hommage de portée internationale, qui remet au cœur de l’actualité l’état des libertés en Algérie, vient s’ajouter au message de soutien adressé au journaliste par le sélectionneur des Bleus, Zinedine Zidane, cet été, lors de sa prise de fonction.

Si Zidane est une légende du football français, il est aussi, en Algérie, une fierté nationale, d’autant plus que son fils, Luca, est désormais un international algérien. Ses mots résonnent encore dans les murs de la prison de Koléa, où le journaliste français a été transféré en janvier dernier. « Depuis le soutien de Zidane, mon frère est devenu la star de la prison », confie Maxime Gleizes au journal L’Équipe.

En dénonçant une atteinte à sa souveraineté, le régime algérien semble surtout redouter que le regard international s’attarde sur ce qu’il préférerait garder dans l’ombre. Jusqu’ici, la diplomatie française, fidèle à une approche qui consiste à ne surtout pas faire de vagues, a permis au régime algérien d’échapper à toute véritable pression.

D.Imoulayen

Liens utiles :

ENTV : https://x.com/entv_dz/status/2115159968207011911?s=19
AL24News : https://x.com/AL24newschannel/status/2115472362338443461?s=19

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