Par Marjan Abadie, cofondatrice du collectif Cyrus

De l’Iran de 1979 à la France de 2026, le regard d’une Iranienne sur les mécanismes par lesquels la propagande confisque le libre arbitre, transforme la révolte en obligation morale, détourne une société de la construction de son avenir et instrumentalise l’indignation collective. Une réflexion sur les méthodes de déstabilisation et leur exploitation par la République islamique au sein de nos démocraties.

« Pourquoi avez-vousfaitlarévolution ?»
« Parce que nous étionsidiots.»
–Shirin Ebadi, présidente d’un tribunal sous le Shah, rétrogradée au rang de greffière dans ce même tribunal après la révolution de 1979. Prix Nobel de la paix 2003.

En tant qu’Iranienne, je mesure les conséquences tragiques de la destruction du système politique de mon pays. Des organisations idéologiques ont détourné une partie de sa jeunesse de la construction de son avenir, légitimé la terreur et imposé un récit falsifié des événements. Cette histoire et les mécanismes qui l’ont rendue possible méritent d’être connus des Français.

La propagande transforme un contradicteur en ennemi du peuple, un terroriste en résistant, un attentat en acte de libération. Elle impose une lecture morale dans laquelle refuser d’adhérer au mouvement revient à se placer du côté du mal.

La prise de pouvoir de Khomeyni en 1979, trop souvent présentée comme une entreprise émancipatrice, fut précédée d’années de propagande et d’endoctrinement, de violences et d’actions terroristes menées par des organisations armées.

Le massacre du cinéma Rex à Abadan, en 1978, illustre un mécanisme plus redoutable encore : utiliser la terreur pour créer la peur et la colère, déculpabiliser ses auteurs et retourner l’indignation contre leurs adversaires.

La France de 2026 n’est pas l’Iran de 1979. Mais comprendre les mécanismes qui ont contribué à la déstabilisation de mon pays permet de mieux identifier ceux qui menacent aujourd’hui nos démocraties.

Trois mécanismes structurent cette analyse : d’abord, transformer le désaccord en faute morale pour faire céder le libre arbitre ; ensuite, substituer la destruction et la terreur à la recherche de solutions pour la société ; enfin, détourner la responsabilité des violences afin de retourner l’indignation populaire contre l’adversaire.

CONFISQUER LE LIBRE ARBITRE : LA PRESSION MORALE AU SERVICE DE L’ENDOCTRINEMENT

La propagande ne se limite pas à diffuser des mensonges. Elle sélectionne les faits, impose les interprétations et désigne les coupables. Son efficacité repose sur la transformation d’une lecture idéologique en vérité morale incontestable.

Dans l’Iran des années 1960 – 1970, les universités devinrent des foyers de radicalisation. De nombreux jeunes Iraniens, formés dans les meilleures universités du pays, notamment Aryamehr, ou envoyés à l’étranger pour construire l’avenir de l’Iran, furent gagnés par la même fièvre idéologique.

Dans les milieux militants, dénigrer l’Iran, ses progrès et sa culture, et s’opposer au Shah étaient devenus des signes de modernité intellectuelle et de supériorité morale. Celui qui refusait cette posture était considéré comme un ignorant, voire un complice de l’oppression. Le désaccord devenait une faute morale sanctionnée par l’exclusion.

Plus on dénigrait son pays, plus on gagnait en reconnaissance ; plus on conservait son indépendance de jugement, plus on risquait d’être mis au ban du groupe.

Ce cercle vicieux mobilisait des mécanismes connus de psychologie sociale : conformisme normatif, peur de l’ostracisme, spirale du silence et polarisation de groupe.Le mécanisme était progressif : la pression sociale transformait l’adhésion idéologique en obligation morale, le conformisme nourrissait l’endoctrinement, l’endoctrinement la radicalisation puis, pour certains, le recrutement dans les organisations armées menant des actions terroristes.

Le paradoxe est tragique : l’Iran avait massivement investi dans l’éducation de sa jeunesse pour construire l’avenir du pays. Pourtant, une partie de cette jeunesse, gagnée par l’endoctrinement révolutionnaire, fut détournée de cette mission et mobilisée contre les intérêts mêmes de son pays.

L’IRAN DES ANNÉES 1970 : ÉDUCATION, ÉMANCIPATION ET RAYONNEMENT CULTUREL

Sous les Pahlavi, l’Iran engagea une transformation profonde de sa société, investissant dans l’éducation, les droits des femmes, la modernisation des infrastructures et la culture.

Droits des femmes. Dès 1963, les femmes obtinrent le droit de vote et d’éligibilité. Les lois de protection de la famille de 1967 et 1975 renforcèrent leurs droits en matière de mariage, de divorce et de garde des enfants.

Éducation. Entre 1970 et 1976, les dépenses publiques d’éducation furent multipliées par plus de onze en valeur nominale, passant de 23 à 260 milliards de rials. Elles atteignirent 5,7 % du PNB, contre 5,8 % en France en 1 976, témoignant d’un effort national considérable. La gratuité de l’enseignement fut étendue à tous les niveaux au milieu des années 1970.

Culture et musées. Sous l’impulsion de l’impératrice Farah Pahlavi, le Musée d’art contemporain de Téhéran fut inauguré en 1977. Il accueillit une collection exceptionnelle d’œuvres iraniennes et occidentales, notamment de Picasso, Warhol, Pollock et Rothko.

Aviation et tourisme. Iran Air développa l’une des flottes civiles les plus modernes de son époque, avec des Boeing 747 et 747SP, reliant l’Iran aux grandes destinations internationales et soutenant l’essor du tourisme.

Dialogue des cultures. Le Festival des arts de Shiraz-Persépolis (1967–1977), initié sous le patronage de Farah Pahlavi, fit dialoguer musique traditionnelle persane, théâtre, danse et créations contemporaines venues d’Orient et d’Occident. Il accueillit notamment Peter Brook et sa création expérimentale Orghast en 1971, aux côtés de grandes traditions artistiques iraniennes et internationales.

Ces réalisations témoignent d’un projet national tourné vers la formation, la création, l’ouverture culturelle et le développement de l’Iran.

SUBSTITUER LA TERREUR À LA CONSTRUCTION : ORGANISATIONS ARMÉES ET RÉSEAUX INTERNATIONAUX

Dès la fin des années 1960, des militants opposés au Shah, pour la plupart recrutés dans les universités, furent formés dans des camps palestiniens, notamment en Jordanie, en Syrie et au Liban. Les Moudjahidines du peuple, des réseaux liés aux Fadaïan du peuple ainsi que des groupes islamistes extrémistes bénéficièrent de cet entraînement et développèrent des coopérations avec des organisations palestiniennes et d’autres mouvements révolutionnaires.

Ces formations contribuèrent à transformer l’endoctrinement idéologique en capacité opérationnelle : maniement des armes, techniques de guérilla, organisation clandestine et préparation d’attentats. Les réseaux ainsi tissés permettaient de passer de la mobilisation idéologique à la violence organisée et d’assurer une propagande à l’échelle internationale.

Le paradoxe est tragique : l’Iran avait massivement investi dans l’éducation de sa jeunesse pour construire l’avenir du pays. Pourtant, une partie de cette jeunesse, gagnée par l’endoctrinement révolutionnaire, fut détournée de cette mission et mobilisée contre les intérêts mêmes de son pays.

Après la chute de la monarchie, le 11 février 1979, les premières exécutions sommaires eurent lieu dans la nuit du 15 au 16 février, tandis que les organisations révolutionnaires dans leur ensemble, réclamaient des exécutions plus rapides.

La contradiction avec les principes moraux au nom desquels cette révolution avait été menée est flagrante. Abdolkarim Lahidji, défenseur des droits humains et critique du Shah sur la scène internationale, réclamait pourtant, dès le 25 janvier 1979, la peine capitale contre des responsables du régime Pahlavi, comme en témoigne la presse de l’époque. Que restait-il alors de ses principes de défense des droits humains ?

Le 17 février, Yasser Arafat arrive à Téhéran pour rencontrer Khomeyni. Deux jours plus tard, l’ancienne représentation diplomatique israélienne est remise à l’OLP.

Cette séquence rendait visibles des alliances constituées avant la révolution. Les affrontements ultérieurs entre différentes organisations n’effacent pas leurs coopérations antérieures.

L’IRAN AVANT 1979 : ORGANISATIONS ARMÉES, TERRORISME ET RÉSEAUX RÉVOLUTIONNAIRES

Sous le Shah, plusieurs organisations marxistes, islamo-marxistes et islamistes recoururent à la lutte armée, aux attentats et aux assassinats politiques. D’autres réseaux religieux menèrent des campagnes idéologiques contre les minorités, notamment les bahaïs.

Les Fadaïan du peuple (OIPFG) : organisation de guérilla marxiste-léniniste, structurée en 1971, qui mena des attaques contre des représentants de l’État et développa des relations avec des mouvements révolutionnaires palestiniens.

Les Moudjahidines du peuple (MEK/OMPI) : organisation fondée en 1965, mêlant initialement références islamiques et marxistes. Responsable d’attentats et d’assassinats politiques, notamment contre des ressortissants américains, elle entretint des liens étroits avec le Fatah, dont les camps accueillirent certains de ses militants.

Inscrite sur la liste terroriste américaine en 1997, elle en fut retirée en 2012. Elle est également liée au Conseil national de la résistance iranienne (CNRI/NCRI).

Les Fedayin de l’islam (Fada’iyan-e Islam) : organisation terroriste islamiste fondée en 1945 par Navvab Safavi, prônant l’imposition de la loi islamique. Elle assassina notamment Ahmad Kasravi (1946), Abdolhossein Hazhir

(1949) et le Premier ministre Ali Razmara (1951). Proche des Frères musulmans égyptiens, Navvab Safavi contribua à la diffusion transnationale de l’islamisme révolutionnaire.

Les associations islamiques Motalefeh : coalition islamiste constituée en 1963, liée au mouvement de Khomeyni et en partie héritière des réseaux des Fedayin de l’islam. Sa branche armée organisa l’assassinat du Premier ministre Hassan Ali Mansour en janvier 1965.

Hojjatieh (Anjoman-e Hojjatieh) : organisation religieuse créée dans les années 1950, spécialisée dans la propagande et la mobilisation contre les bahaïs. Contrairement aux organisations de guérilla, sa direction privilégiait officiellement les méthodes non violentes.

POINT DE CONVERGENCE : LES RÉSEAUX RÉVOLUTIONNAIRES INTERNATIONAUX

Derrière leurs divergences idéologiques, plusieurs organisations armées opposées au Shah développèrent des liens avec les mouvements palestiniens, notamment pour la formation idéologique et militaire. Parallèlement, des réseaux islamistes entretenaient des relations avec les Frères musulmans.

Ces alliances favorisèrent la circulation des idéologies révolutionnaires, des méthodes de guérilla et des pratiques de violence politique, au-delà des frontières nationales.[1]

MANIPULER L’INDIGNATION

Le 19 août 1978, à Abadan, l’incendie criminel du cinéma Rex fait au moins 377 morts. Les opposants au Shah accusent rapidement la SAVAK. Relayée en Iran et à l’étranger, cette accusation attise l’indignation et contribue à la déstabilisation du pouvoir.

Pourtant, ce massacre s’inscrit dans une longue série d’incendies visant des cinémas et des lieux de divertissement, symboles de la modernisation culturelle et sociale de l’Iran. Les révélations ultérieures mettent en cause des militants islamistes et contredisent l’accusation initiale contre la SAVAK.

Le mécanisme est redoutable : recourir à la terreur, en attribuer la responsabilité à l’adversaire, détourner la colère populaire contre celui-ci et transformer l’indignation collective en arme politique, tout en déculpabilisant les véritables auteurs de l’acte terroriste.

Au-delà des événements déclencheurs, il faut examiner les réseaux militants, leurs financements et les stratégies qui entretiennent les antagonismes. Comprendre une violence, c’est identifier ses auteurs, ceux qui la préparent ou la légitiment, et ceux qui cherchent à en détourner la responsabilité.

La manipulation des responsabilités ne repose pas seulement sur la propagande militante. Elle prend une autre dimension lorsque des intellectuels reconnus légitiment le récit politique d’un mouvement.

LÉGITIMER LES RÉCITS : L’AVEUGLEMENT DES INTELLECTUELS

La légitimation de Khomeyni dépassa les milieux militants. Des intellectuels iraniens et occidentaux contribuèrent à présenter sa prise de pouvoir comme une entreprise émancipatrice.

Michel Foucault y voyait une nouvelle « spiritualité politique ». Le 16 février 1979, alors que les premières exécutions avaient commencé, Richard Falk, professeur à Princeton, publiait dans le New York Times « Trusting Khomeini », présentant favorablement le dirigeant islamiste.

Le 11 mai 1979, Le Monde publiait « Inutile de se soulever ? » de Foucault. Sur cette même page, le journal signalait déjà 247 exécutions en moins de trois mois. Malgré ces faits, Foucault persistait à distinguer la valeur du soulèvement de la répression exercée par le nouveau pouvoir.

En octobre 2026, dans Le Monde, Christian Jambet, contemporain de Foucault, remet en cause cette interprétation : la terreur n’aurait pas été une trahison ultérieure de la révolution, mais une composante du processus ayant conduit à l’instauration de la théocratie.

Le paradoxe est saisissant : des intellectuels qui prétendaient défendre l’émancipation contribuèrent à instaurer puis à légitimer un pouvoir théocratique qui, depuis 1979, n’a cessé de broyer les Iraniens et de propager le terrorisme à travers le monde, tel un virus.

Quand l’endoctrinement aveugle les intellectuels : dénigrer la culture, glorifier la destruction

ANTICOLONIALISME MORALISATEUR ET INDIGNATION SÉLECTIVE

La caution intellectuelle et morale apportée aux mouvements révolutionnaires s’inscrivait dans un climat idéologique marqué par le tiers-mondisme et l’anticolonialisme.

Dans les années 1960-1970, certains courants marxistes et anticolonialistes imposaient une lecture du monde opposant dominants et dominés. L’impérialisme américain était dénoncé, tandis que celui de l’URSS était souvent passé sous silence. Cette grille de lecture permettait de fédérer des contestations distinctes autour d’un ennemi commun.

Lorsque l’indignation dépend de l’identité du responsable plutôt que de la nature des actes, elle devient un instrument idéologique.

Avant 1979, une partie de la jeunesse iranienne fut ainsi entraînée dans des réseaux révolutionnaires internationaux qui présentaient la destruction de l’ordre existant comme un préalable au progrès. Le désaccord devenait une trahison et la violence pouvait être légitimée au nom de la résistance.

Aujourd’hui, certains courants décoloniaux concentrent leurs critiques sur l’Occident et Israël, accordant moins d’attention aux politiques impériales russes et chinoises. La multiplication des drapeaux palestiniens dans des manifestations européennes sans lien direct avec le Proche-Orient interroge sur la manière dont des causes différentes peuvent être réunies sous un même récit idéologique.

La solidarité avec les civils palestiniens ne constitue évidemment pas un soutien au terrorisme. Mais lorsque l’adhésion à une cause devient une obligation morale, le jugement critique risque de céder à la pression du groupe, et des violences contre des civils peuvent être justifiées au nom de la résistance.

L’expérience de l’Iran montre comment un discours d’émancipation peut être détourné vers l’endoctrinement et la violence organisée.

Qui construit ces récits, qui les diffuse, qui les finance et quels intérêts servent-ils ?

La France de 2026 n’est pas l’Iran de 1979. Mais cette histoire invite à examiner les stratégies contemporaines de propagande et les ingérences étrangères documentées en Europe.

DE L’IRAN DE 1979 À LA FRANCE DE 2026 : COMMENT LA RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE EXPLOITE SON EXPÉRIENCE DE LA PROPAGANDE POUR ATTISER LE CHAOS EN EUROPE

En France, lorsque des émeutes éclatent, les responsabilités des institutions et des forces de l’ordre dominent les débats. Mais quelle attention porte-t-on aux puissances étrangères qui exploitent les frustrations sociales, attisent les divisions et cherchent à transformer la contestation en rejet destructeur plutôt qu’en recherche de solutions ?

L’Iran de 1 979 offre un précédent instructif. La révolte était devenue un marqueur d’appartenance et de supériorité morale : pour être reconnu comme un jeune intellectuel moderne et engagé, il fallait rejoindre le camp des révoltés. Défendre les progrès du pays ou refuser la posture révolutionnaire exposait au mépris et à l’exclusion. Le conformisme se déguisait en esprit critique, tandis que la propagande détournait une partie de la jeunesse de la construction de son avenir pour faire de la destruction une nécessité morale.

Depuis sa prise de pouvoir, la République islamique a perfectionné ses méthodes de propagande, de manipulation idéologique et d’ingérence à l’étranger.

En France, ces ingérences sont désormais documentées. Le 16 octobre 2026, La Lettre révélait l’existence d’une note du SGDSN et de VIGINUM consacrée aux opérations d’ingérence numérique liées à la République islamique, que l’exécutif aurait choisi de ne pas rendre publique.

Les manifestations du 17 octobre ont également fait l’objet d’une instrumentalisation informationnelle. Une étude d’Alliance4Europe portant sur plus de 547 000 publications révèle des opérations étrangères d’amplification et de polarisation. Les médias d’État de la République islamique ont largement relayé les affrontements en France, tandis que sa diplomatie dénonçait les violences policières. Dès le 7 octobre, Paris avait convoqué son ambassadeur pour protester contre une campagne de désinformation.

La République islamique recourt aussi à des opérations clandestines. En 2024, les services de sécurité suédois ont attribué aux Gardiens de la révolution islamique une campagne massive de SMS destinés à attiser les divisions religieuses. En France, après l’attentat déjoué contre la Bank of America en mars 2026, le FBI a identifié un commanditaire présumé lié à des groupes armés proches du régime, selon Le Monde du 8 octobre.

Ces affaires illustrent des méthodes complémentaires : amplifier les antagonismes, exploiter les fractures sociales, recruter des relais et dissimuler les commanditaires. Elles documentent des tentatives d’ingérence et l’exploitation de mobilisations françaises, sans établir que la République islamique en aurait organisé le déclenchement.

Le 19 février 2026, l’Union européenne a inscrit les Gardiens de la révolution islamique sur sa liste des organisations terroristes. Cette décision appelle une vigilance accrue sur les réseaux d’influence, leurs financements et leurs opérations de propagande.

L’Iran de 1 979 nous adresse un avertissement : lors qu’être révolté devient une condition d’appartenance et que rejeter son pays, ses institutions et ses progrès devient un signe de vertu morale, une société peut être détournée de son avenir sans même que ses citoyens aient conscience de la pression idéologique qu’ils subissent. À nous d’entendre cet avertissement et de ne pas nous laisser déstabiliser par les mêmes méthodes qui ont déjà réduit à néant l’avenir d’une nation qui aspirait à la prospérité et avait tout pour y parvenir.

QUE FAIRE ? DÉMANTELER LES RÉSEAUX, CONTRÔLER LES FINANCEMENTS ET EXPOSER LA PROPAGANDE

Les enquêtes antiterroristes ont mis en évidence des opérations de déstabilisation en France impliquant des réseaux liés à la République islamique. Parallèlement, les manifestations d’octobre 2026 ont révélé l’ampleur des manipulations informationnelles accompagnant les troubles sociaux. Ces éléments justifient un examen approfondi des ingérences étrangères, de leurs relais et de leurs financements, sans préjuger de responsabilités qui restent à établir. Alors que les Gardiens de la révolution islamique figurent désormais sur la liste européenne des organisations terroristes, la réponse démocratique doit agir selon trois priorités.

  1. Démanteler les réseaux clandestins de la République islamique en Identifier les agents impliqués dans l’espionnage, l’intimidation et le soutien aux IRGC, geler leurs avoirs, interrompre leurs financements illégaux et déclarer persona non grata les diplomates impliqués, conformément à la Convention de Vienne.
  2. Retracer les financements des réseaux d’influence. Enquêter sur l’origine des fonds, les intermédiaires et les liens avec des organisations sanctionnées, notamment lorsque des structures sont soupçonnées d’alimenter les tensions sociales ou de promouvoir la violence. La transparence doit permettre de distinguer l’engagement associatif légitime des opérations de déstabilisation.
  3. Identifier les récits de propagande et leurs relais. Associer chercheurs, journalistes d’investigation et services spécialisés pour analyser les mécanismes d’endoctrinement, retracer la diffusion des récits, identifier leurs auteurs et rendre ces informations accessibles aux citoyens.

Ces trois priorités exigent une coordination européenne, des bilans publics réguliers et des résultats vérifiables.

LE LIBRE ARBITRE, PREMIÈRE DÉFENSE DE NOS DÉMOCRATIES

L’histoire de l’Iran de 1979 démontre comment l’endoctrinement peut détourner une jeunesse de la construction de son pays, transformer la violence en devoir moral et ses auteurs en héros. L’aveuglement d’intellectuels occidentaux face à Khomeyni rappelle que même les esprits les plus instruits peuvent sacrifier les faits à l’idéologie.

Depuis 47 ans, de l’attentat du Drakkar en 1983 aux opérations d’ingérence autour des manifestations du 17 octobre 2026, les actions de déstabilisation attribuées à la République islamique imposent une réponse immédiate, efficace et à la source : démasquer les récits de propagande, identifier leurs relais, assécher leurs financements et agir contre leurs commanditaires, sans attendre de nouveaux passages à l’acte.

La terreur ne triomphe pas seulement par la violence, mais aussi lorsque ses auteurs sont déculpabilisés, les victimes oubliées et les responsabilités détournées. Défendre nos démocraties, c’est refuser que la propagande pense à notre place et identifier ceux qui fabriquent la peur pour mieux manipuler l’indignation collective.

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