Dans cet article, je me propose de présenter, sous la forme d’un examen critique agrémenté parfois de remarques ironiques suscitées par les expressions d’une bêtise idéologisée en expansion, les principaux résultats d’une plongée dans les têtes et les vociférations des idéologues et des activistes ordinairement appelés « antisionistes », en pointant notamment les slogans et les formules creuses qui tiennent lieu de pensée politique à la nouvelle extrême gauche intellectuelle, ralliée aveuglément, et fanatiquement, à la défense de la « cause palestinienne », devenue la cause des causes ou la cause universelle la plus mobilisatrice. Il s’agit donc, à travers une exploration de l’imaginaire islamo-palestiniste, d’identifier les principaux thèmes d’accusation dits « antisionistes » qui composent le discours de propagande visant indistinctement les « sionistes », les Israéliens et les Juifs (à l’exception des Juifs explicitement propalestiniens), associés au racisme (en particulier à l’« islamophobie », en tant que « racisme antimusulman »), au colonialisme et au fascisme, voire au nazisme. La criminalisation des Juifs est ainsi entrée dans un nouvel âge.

Le contexte idéologico-politique, dans les sociétés démocratiques occidentales, est aujourd’hui marqué notamment par la banalisation de l’antisionisme antijuif, légitimé au nom de l’anticolonialisme et de l’antiracisme, voire de l’antifascisme. Il importe de souligner le fait que ces trois « anti-ismes » représentent des combats qui s’inscrivent positivement, pour les gauches, dans le sens de l’Histoire. Pour les organisations d’extrême gauche, l’antisionisme prend place, aux côtés de l’anticapitalisme, dans leurs programmes d’action se voulant tous « révolutionnaires ». Il ne s’agit pas d’un antisionisme se limitant à une critique de l’idée sioniste et de ses réalisations politiques, critique parfaitement légitime, il s’agit d’un antisionisme radical, dont l’objectif final, explicité ou non, est la destruction de l’État d’Israël, préparée par une propagande diffusant des stéréotypes antijuifs centrés sur une accusation diabolisante : tout Juif est habité par une propension au colonialisme, au racisme et au nationalisme fasciste, dont le « sionisme » constitue la théorisation et la réalisation. Cet antisionisme radical n’est autre que ce que j’appelle l’antisionisme antijuif.

Conviés à des fins légitimatoires, les vieux « anti-ismes » du militantisme « progressiste » (anticolonialisme, antiracisme, antifascisme) sont revisités, réactivés et parfois retouchés ou reformulés, pour rendre respectable et attractif le culte de la cause palestinienne, que j’ai baptisé le « palestinisme », qui a pris le visage d’un « islamo-palestinisme », principalement en référence au Hamas, bénéficiant de l’affaiblissement croissant de l’OLP et de l’Autorité palestinienne. La criminalisation et la diabolisation de style à la fois antiraciste, anticolonialiste et antifasciste d’Israël et du sionisme en constituent la matrice.

La langue de bois de l’islamo-gauchisme en version islamo-palestiniste, dont le maître-mot est « résistance » (les massacres du 7 Octobre étant qualifiées d’« actes de résistance à la colonisation » par 45% des musulmans français interrogés par l’Ifop en 2023), est parlée aujourd’hui par une importante partie de la jeunesse, engagée dans la défense de la nouvelle grande cause universelle, la « cause palestinienne », substitut de la défunte « cause prolétarienne ». Un slogan témoigne de la banalisation de cet imaginaire « résistantialiste » : « Palestine vivra, résistance vaincra ». On ne doit pas négliger le fait qu’à l’automne 2026, 43% des 18-24 ans se déclarent prêts à voter pour Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle du printemps 2027. Or, cette jeunesse mélenchoniste est également largement acquise à la « cause palestinienne » et diabolise Israël comme le font les leaders de La France insoumise (LFI), qui ont compris que, pour capter le vote des jeunes, il fallait professer, en stratèges idéologiques et en démagogues avisés, un « antisionisme » radical, celui-là même que professe la députée européenne FLI Rima Hassan qui, le 27 février 2025 sur Sud Radio, a déclaré que « le Hamas a une action légitime du point de vue [du droit] international », avant d’ajouter : « La question du droit international, c’est une boussole, tout le monde doit se tenir à cette boussole : la légitimité de la lutte armée dans un contexte de colonisation, elle est extrêmement claire, et c’est ma position. » L’appel à cette violence légitime, en tant que moyen de faire triompher les bonnes causes une fois sacralisées, se rencontre dans tous les discours de facture révolutionnaire, impliquant un bouleversement de l’ordre établi, jugé intrinsèquement injuste. Il ne saurait s’agir de réformer ou d’améliorer le système social existant, car, selon une formule mise à toutes les sauces, « on n’améliore pas la peste ». Il faut relire ici Robespierre et Saint-Just, Marx et Engels, Bakounine, Sorel, Lénine, Trotski et Mao.

En outre, le couplage du propalestinisme avec le militantisme anti-islamophobe, devenu l’un des principaux fronts de l’antiracisme, a pour effet de banaliser l’assimilation de l’antisionisme à une forme d’antiracisme. D’où le retour, dans la rhétorique antisioniste, de la définition polémique du sionisme comme « une forme de racisme », qui reprend le texte de la résolution 3379 adoptée le 20 novembre 1975, par l’Assemblée générale des Nations unies, puis révoquée par cette dernière le 16 décembre 1991. Cette réactivation de l’accusation de « racisme » est hautement significative, en tant qu’indice de la radicalisation en cours du militantisme antisioniste, liée à sa récente centralité dans le champ des luttes « progressistes ».

Au cours de leur congrès tenu le 4 octobre 2026, à l’approche du troisième anniversaire des massacres du 7-Octobre, les Verts britanniques ont adopté une motion spécifiant que « l’antisionisme ne doit pas être assimilé à l’antisémitisme » et que le sionisme doit être « considéré comme toute autre forme de racisme », c’est-à-dire condamné sans réserve. En conséquence, cette motion « appelle à la création d’un seul État palestinien démocratique sur l’ensemble de la Palestine historique, garantissant l’égalité des droits pour tous » et avec Jérusalem pour capitale, rejetant ainsi l’idée d’un État binational et la solution à deux États. La solution du conflit israélo-palestinien se définit dès lors par un grand remplacement jugé conforme à la vision antiraciste dont se réclament les antisionistes radicaux, consistant à détruire l’État d’Israël pour le remplacer par un État palestinien. C’est là légitimer le recours à la violence contre l’État juif, en prônant un nettoyage ethnique contre les Juifs.

La criminalisation et la diabolisation des Juifs-sionistes ont franchi un nouveau pas en promouvant un thème d’accusation s’ajoutant aux précédents (« racisme », « colonialisme », « apartheid ») : celui de « génocide des Palestiniens de Gaza ». Depuis le massacre indistinctement antijuif et anti-israélien du 7-Octobre, la propagande islamo-palestiniste a mis au premier plan l’accusation d’Israël comme « État génocidaire », avec le succès international que l’on sait.

Cette accusation infondée a été aussitôt diffusée mondialement et exploitée par la propagande « antisioniste », qui a su intégrer comme mode de légitimation les professions de foi « antisionistes » de diverses personnalités juives d’extrême gauche, s’inscrivant dans la tradition de la « haine de soi » chez les Juifs, dont les principales variantes sont la honte de soi et la peur d’être identifié comme « Juif » ou « sioniste » dans une société supposée antijuive et/ou antisioniste. Les Juifs redeviennent des « sales Juifs ». Et de nouveaux « bons Juifs » veulent sauver leur réputation ou leur poste, et parfois leur peau, en ralliant le camp des nouveaux antijuifs islamo-palestinistes. À Paris, le 29 mai 2024, alors que se déroulait une manifestation propalestinienne et « antisioniste » rassemblant environ 4 500 personnes, des tags antijuifs ont été découverts : « Sales Juifs » ou, en bas d’un immeuble, « Ici habitent des sales Juifs ». Que peuvent faire les Juifs désignés, dénoncés et menacés comme tels ? Partir ? Rester silencieux en dissimulant leur identité juive ? Rallier le camp des antijuifs ? Ou résister à la vague antijuive ? Mais comment ? Telle est la question la plus urgente.

Prenons l’exemple d’une activiste radicalement antisioniste d’origine juive. Dans un message posté sur X le 24 septembre 2024, Naomi Klein (née en 1970), idéologue altermondialiste et écoféministe canadienne qui s’identifie comme juive, dénonce avec véhémence le « sionisme », cette « fausse idole » au nom de laquelle s’opère un « nettoyage ethnique ». À l’en croire, le « sionisme » est une perversion du judaïsme et Israël un « ethno-État militariste » : « Trop de gens de notre peuple succombent une nouvelle fois, comme à l’époque de Moïse, aux fausses idoles, et la fausse idole, matérielle et profane, s’appelle cette fois le sionisme, qui transforme une métaphore de libération et de justice en colonialisme et en génocide. »

Accusés de soutenir les islamo-terroristes du Hamas, les militants propalestiniens recourent à la rétorsion d’argument : « Sionistes, fascistes, c’est vous les terroristes ! » – variante : « Racistes, sionistes, c’est vous les terroristes ! » –, slogan scandé au cours de rassemblements islamo-gauchistes où est régulièrement lancé cet autre slogan : « Vive la lutte armée du peuple palestinien. » Référence à la lutte armée menée par le Hamas, organisation terroriste s’il en est, preuve que le discours idéologique est étranger au principe de non-contradiction.

À lire l’étude de l’Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès, publiée le 10 octobre 2026 sous le titre De Jordan à l’amer… Quand le poison de l’antisémitisme infuse aussi les milieux de gauche, signée par Noé Fridman et François Kraus, on ne peut qu’être convaincu de la nécessité de reconnaître que la gauche, loin d’être immunisée contre les dérives antijuives, en constitue désormais, une fois de plus au cours des deux derniers siècles, l’un des principaux foyers. Les coauteurs de l’étude terminent leur introduction en insistant justement sur l’importance de la prise de conscience du problème, aussi difficile soit-elle pour les citoyens français de gauche : « La réponse d’ensemble tient en une phrase, et elle ne fera plaisir à personne : l’antisémitisme s’écrit désormais autant à l’encre brune qu’au feutre rouge et vert des cortèges propalestiniens. Contrairement à certaines idées reçues, être de gauche ne vaccine pas contre un antisémitisme de plus en plus indexé sur le conflit israélo-palestinien et sur la dénonciation d’un “pouvoir” juif. »

Nombre d’enquêtes ont établi que le cri « Mort aux Juifs ! » était régulièrement lancé au cours des manifestations propalestiniennes se réclamant de l’antiracisme. Les militants antisionistes dénoncent le « racisme » de l’ennemi, les Juifs-sionistes, tout en faisant preuve de racisme exterminateur envers eux. Ils désirent publiquement leur mort. C’est sur ce point que s’accomplit un renversement ou un retournement idéologique : l’antiracisme propalestinien se transforme en racisme contre les Juifs-sionistes. En postulant que le sionisme est un racisme, les antisionistes peuvent en conclure que la guerre de l’État d’Israël contre le Hamas est une opération génocidaire, la logique du racisme impliquant soit l’exclusion sociale, soit l’extermination physique. L’accusation de racisme visant « l’entité sioniste » a longtemps été traduite préférentiellement par celle d’« apartheid », elle l’est désormais par celle de « génocide ».

Dans l’imaginaire antisioniste, depuis le 7-Octobre, le basculement de l’accusation de ségrégation à celle d’extermination a eu lieu. Voilà pourquoi les antisionistes radicaux rêvent de rayer Israël de la carte, comme en témoigne cet autre slogan : « From the river to the sea, Palestine will be free. » Il faut décoder : la « Palestine libre » sera la Palestine « libérée des Juifs ». Une « libération » qui ne peut s’accomplir que par l’expulsion ou l’extermination des Juifs, bref, par un nettoyage ethnique antijuif. Le slogan « Libérez la Palestine » s’est notamment traduit par l’appel à une « Intifada mondiale », c’est-à-dire une chasse aux sorcières visant tous les individus, Juifs ou non, soupçonnés d’être des « sionistes », des complices des « sionistes » ou des soutiens de « l’entité sioniste ». D’où les slogans du type « Sionistes hors de nos facs », « Sionistes hors de nos luttes » ou « Pas de sionistes dans nos quartiers, pas de quartier pour les sionistes ».

Parmi les dernières nouvelles du front antisioniste, à l’automne 2006, on s’en tiendra à quelques faits significatifs relevant de la propagande politico-culturelle orchestrée par les ennemis d’Israël. Début octobre 2026, on pouvait lire sur les murs de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) ce graffiti désignant la chercheuse Eva Illouz comme cible, sous la présupposition que le sionisme est une entreprise génocidaire : « Illouz sioniste EH [EHESS] complice ». Le 5 octobre 2026, la députée européenne LFI Rima Hassan a vandalisé une exposition rendant hommage aux victimes des attaques du 7 octobre 2023, en arrachant et en jetant à terre le drapeau israélien. L’équipe de Rima Hassan a déclaré que son geste s’inscrivait « dans la dénonciation du génocide toujours en cours mené par le gouvernement israélien et des graves violations du droit international commises à l’encontre du peuple palestinien ». Le 9 octobre 2026, la juriste et militante des droits de l’homme Navanethem « Navi » Pillay, qui a présidé une commission d’enquête indépendante des Nations unies ayant accusé Israël, le 16 septembre 2025, de commettre un « génocide » dans la bande de Gaza, a reçu le prix Nobel de la paix 2026. Le Hamas a aussitôt adressé ses félicitations à la lauréate dans un communiqué où il salue la décision d’attribuer ce prix prestigieux à « la défenseure des droits de l’homme et juge sud-africaine », non sans rappeler le soutien apporté par Pillay aux Palestiniens lorsqu’elle était Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, de 2008 à 2014.

La criminalisation d’Israël est aussi alimentée par les enquêtes à charge de journalistes d’investigation israéliens d’extrême gauche, tel Yuval Abraham, qui a déclaré début septembre 2026 : « En tant qu’Israéliens, nous sommes tous complices dans une certaine mesure des crimes perpétrés à Gaza. » Yuval Abraham et la cinéaste Rachel Szor sont les coréalisateurs du documentaire israélien NAZA (acronyme militaire israélien désignant, ici ironiquement, les « dommages collatéraux »), fondé sur les témoignages de 24 militaires et agents du renseignement sous couvert d’anonymat. Avant même sa sortie en streaming gratuit en novembre 2026, ce documentaire, qui accuse l’armée israélienne de tuer sciemment des civils innocents à Gaza ainsi que de déshumaniser les Palestiniens pour justifier ces meurtres, a été en tête du box-office français lors de sa projection exceptionnelle les 12 et 13 octobre 2026 dans 270 salles de cinéma. Ce documentaire accusatoire a obtenu le même succès en Italie. Le traitement victimaire des « Palestiniens de Gaza », mis en spectacle, suscite un engouement dont l’envers est une nazification des Juifs-sionistes. C’est dans ce contexte que, poursuivant ses campagnes anti-israéliennes, le quotidien néo-gauchiste Libération publiait le 14 octobre 2026 une « longue enquête visuelle » titrée « Gaza : trois ans de dévastation » qui, fondée sur « des centaines d’images satellite collectées depuis 2023 », est censée raconter comment Tsahal, en suivant sa « stratégie de destruction systématique », a « dévasté » Gaza. L’objectif est, ici encore, de mettre le travail journalistique au service d’une propagande lacrymale visant à susciter de l’indignation morale.

Cette vague islamo-palestiniste représente la dernière version en date du mouvement révolutionnaire inspiré par les divers courants marxistes et porté, en France, par des démagogues comme Jean-Luc Mélenchon et ses lieutenants. Son vocabulaire de base, partiellement hérité du discours gauchiste soixante-huitard et post-soixante-huitard, revu et complété par des emprunts à la phraséologie décoloniale et wokiste, est bien connu : « violences policières », « racisme d’État », « racisme systémique », « État policier », « violence d’État », « répression policière », « fascisation », « brutalisation », « colonisation », « microagressions », « racisation », « racisé », « technofascisme », etc. Quant aux slogans du type « La police tue » (repris par Mélenchon) ou « Un bon flic est un flic mort », « Le fascisme ne passera pas », « Fuck Fachos », « Nous sommes tous antifascistes » ou « Nous sommes tous des enfants de Gaza ! », ils traduisent des évidences idéologiques désormais largement partagées par les extrêmes gauches. Des menaces jihadistes sont lancées à travers des formules antisionistes de facture proverbiale telles que « Qui sème la Haggra [oppression, humiliation] récolte l’Intifada ». Et fusent en écho les slogans « Viva Intifada ! », « Vive la lutte armée du peuple palestinien » ou « De Paris à Gaza le fascisme ne passera pas ». De tels éloges enthousiastes de la violence « libératrice » du Jihad ou de l’Intifada, au nom de l’antifascisme, font apparaître aussi irréalistes que comiques les pieux appels pacifistes du type « Paix en Palestine ». C’est là confondre la prière avec l’action politique.

L’imaginaire révolutionnaire, incluant l’appel à une « violence légitime », est toujours bien présent chez Mélenchon., serait-ce, le plus souvent, sous une forme carnavalesque. Le vieux politicien roué aspirant au statut de chef charismatique fait preuve d’une mentalité d’adolescent incendiaire, par exemple lorsqu’il confie à Marine Tondelier : « Ma stratégie, c’est de mettre de la paille partout et de mettre le feu. » Comment ne pas rire aux éclats, avec une certaine inquiétude néanmoins, devant cette flambée d’érostratisme « révolutionnaire » chez un retraité égocentrique et mégalomane refusant de quitter la scène publique et aspirant à prendre le pouvoir en France ?

Il faut aussi prendre en compte le désir de meurtre « révolutionnaire » qui s’est exprimé notamment lors de la journée de mobilisation lycéenne du 8 octobre 2026, place de la Bastille, par ce slogan menaçant : « Louis XVI ? On l’a décapité. Macron ? On peut recommencer. » Et le quotidien communiste L’Humanité de citer, le même jour, le slogan avec gourmandise en le commentant ainsi : « La mobilisation lycéenne prend la Bastille. » C’était là faire l’impasse sur l’essentiel : la contamination de l’esprit guillotineur dans les foules de « jeunes » mobilisés. Faut-il leur rappeler que c’est un jeune jihadiste d’origine tchétchène qui, en lutte contre une « islamophobie » imaginaire, a décapité le 16 octobre 2020 le professeur de collège Samuel Paty ? Veulent-ils répéter ce geste meurtrier sur le président Macron ? Il y a bien ici une manifestation d’hybridation ou de « créolisation » dans ce type d’action terroriste tel qu’il est aujourd’hui rêvé, où l’on reconnaît à la fois l’héritage de l’islamisme jihadiste et celui du jacobinisme guillotineur incarné par Marat. Dans la tête de derniers « radicaux » de gauche en date, l’utopisme échevelé va de pair avec le goût du vandalisme et des orgies sanglantes. Une nouvelle génération de purificateurs armés est née.

Pierre-André Taguieff, né à Paris le 4 août 1946, est philosophe, politiste et historien des idées, directeur de recherche au CNRS, désormais à la retraite. Il est l’auteur de plus d’une cinquantaine d’ouvrages. Dernier livre paru : Les Méfaits de l’idéologie. Politique, religion, philosophie, Paris, Hermann, 2026.

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Pierre-André Taguieff est philosophe, politiste et historien des idées, directeur de recherche au CNRS (désormais à la retraite). Il est l’auteur de plus d’une cinquantaine de livres. Derniers ouvrages parus sur la question : Liaisons dangereuses : islamo-nazisme, islamo-gauchisme, Paris, Hermann, 2021 ; L’Antiracisme devenu fou. Le « racisme systémique » et autres fables, Paris, Hermann, 2021 ; L’Invention de l’islamo-palestinisme. Jihad mondial contre les…

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