C’était le titre d’un article que j’ai publié dans le quotidien « Le Monde » le 12 octobre 2002. Il y a presque un quart de siècle, un tel titre paraissait ridicule à l’époque et pourtant j’y dévoilais la bombe à retardement des retraites des agents de l’État.
En 2002, l’engagement de retraite de l’État pour ses agents représentait de l’ordre de 800 milliards €.
Aujourd’hui cet engagement est de l’ordre de 1800 milliards € tandis que chaque année, l’État finance plus de 60 milliards € par an pour ses agents retraités sans avoir jamais provisionné cette charge !
Au regard de ce fardeau, les retraites du secteur privé avec un déficit annuel d’un peu plus de 20 milliards € paraissent un problème secondaire !
Mais le sujet majeur c’est le déficit de l’État de plus de 150 milliards € par an. Avec une dette de l’Etat qui gonfle d’autant chaque année, qui génère plus de 60 milliards € de charges d’intérêts par an, qui, au taux actuels de plus de 4,5%, vont conduire progressivement d’ici huit ans, le temps que tous nos emprunts d’Etat soit renouvelés à ce taux, à une annuité d’intérêt de plus de 200 milliards € !
Résumons: les recettes nettes annuelles de l’État sont de moins de 325 milliards € avec la fiscalité la plus lourde du monde! Point besoin de solliciter les courbes de Laffer, on sait depuis toujours que trop d’impôt tue l’impôt et que si le gouvernement augmente nominalement les impôts, les recettes fiscales réelles de l’État diminueront!
Résumons: 60 milliards de charge de retraite par an, des intérêts de la dette qui évolueront inéluctablement de 60 à 200 milliards €, soit un total de 120 milliards € qui passera à 260 milliards en huit ans pour des recettes nette de 325 milliards.
C’est à dire qu’avant même d’avoir payé un fonctionnaire, un enseignant, un agent hospitalier ou un militaire, d’avoir investi un euro, l’Etat n’a plus que 200 millards € de disponible aujourd’hui et 65 dans huit ans !
Sans compter qu’il faut bien rembourser la dette chaque année quand les bons du trésor arrivent à échéance! Ce qui fait que déjà en 2025 a emprunté presque 350 milliards d’euros, soit plus que ses recettes nettes !
Et les irresponsables de nos finances publiques, nos experts bolivariens ou nos inénarrables banquiers gauchistes, voire le gouverneur de la Banque de France nous disent que le pays peut continuer à emprunter, à « rouler sa dette » ou que ses actifs, des trésors du Louvre à nos autoroutes, sont très supérieurs à cette dette !
Tout indique qu’il faut une diminution massive des dépenses de l’État, de l’ordre de 100 milliards € par an et que même ainsi il faudra une décennie pour commencer à entrevoir le bout du tunnel !
Pourtant, à l’exception notable de David Lisnard que les instituts de sondage s’obstinent à ignorer et de Sarah Knafo qui n’est d’ailleurs pas candidate, nos innombrables candidats présidentiels rivalisent dans leurs propositions décousues de nouvelles dépenses, de nouveaux impôts, de nouveaux services de l’Etat…
Et au même moment, la dette française se prépare à entrer dans une catégorie spéculative avec la hausse insupportable des taux d’intérêt qui en résultera.
Si les français ne choisissent pas une politique radicale d’assainissement de nos finances publiques et d’allègement du fatras de normes et de procédures qui entravent notre économie, ils nous conduiront, a court terme, à une politique brutale de redressement menée sous la tutelle du FMI, de la BCE et de l’Union Européenne.
Il ne s’agit pas de jouer les Cassandre mais de simplement ouvrir les yeux et d’utiliser les rudiments d’arithmétique que l’on enseignait encore dans ma jeunesse.
La faillite de l’État en France est annoncée depuis longtemps, espérons que les Français voudront l’arrêter au bord du gouffre !
Paul Giacobbi, Député honoraire, ancien Président du Conseil Exécutif de la Collectivité de Corse
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