« Je suis très heureux d’avoir reçu à Beauvau mon homologue qatarien, Cheikh Khalifa bin Hamad bin Khalifa Al Thani, accompagné d’une délégation de haut niveau. La coopération franco-qatarienne en matière de sécurité est d’une grande densité et nos échanges nous ont permis d’évoquer plusieurs axes de travail pour la développer et l’approfondir. […] Au-delà, dans le contexte de crise que connaît la région, la France se tient résolument aux côtés de ses proches partenaires, notamment le Qatar. »
Ce message a été publié sur X le 29 août 2026 par Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, au lendemain de sa rencontre à Beauvau avec son homologue qatarien, le cheikh Khalifa bin Hamad bin Khalifa Al Thani, ministre de l’Intérieur et commandant de la force de sécurité intérieure Lekhwiya[1].
Que la France coopère avec le Qatar n’a en soi rien d’exceptionnel. Les États ne choisissent pas leurs partenaires internationaux selon un certificat de bonne conduite démocratique. Cependant, le ministre ne parle pas simplement de contacts, mais d’une coopération sécuritaire « d’une grande densité », qu’il souhaite encore « développer et approfondir », qualifiant le Qatar de « proche partenaire ».
Le Qatar, qui nous est vanté sur les maillots des footballeurs du PSG, n’est pas un partenaire ordinaire. C’est un État autoritaire dont les intérêts et les alliances ne coïncident que partiellement avec les nôtres, c’est le moins qu’on puisse dire. Il entretient depuis des décennies des rapports privilégiés avec les Frères musulmans, héberge depuis 2012 le bureau politique du Hamas, s’allie volontiers avec la Turquie d’Erdoğan et entretient avec l’Iran des canaux politiques et économiques suivis. À cet État, qui possède des dizaines de milliards d’euros d’actifs en France, nous demandons d’investir dans certains de nos secteurs les plus stratégiques.
Est-ce raisonnable ? Quels risques prenons-nous ? Quelles sont les influences et les risques d’ingérence ? Pouvons-nous et pourrons-nous regarder lucidement celui dont nous avons fait un client, un investisseur, un partenaire et presque un associé, y compris lorsqu’il finance des idéologues et des réseaux qui portent le séparatisme que par ailleurs nous prétendons combattre ?
Nous vendons beaucoup au Qatar
Le Qatar est depuis longtemps un excellent client de l’industrie française. Sur la décennie 2010, il figure parmi les cinq premiers clients de l’armement français, avec un cumul de prises de commandes de l’ordre de 11 milliards d’euros, incluant 36 Rafale[2]. En mars 2018, Doha a commandé 28 hélicoptères militaires NH90 – dont 16 appareils de transport tactique assemblés par Airbus Helicopters à Marignane -, auxquels s’ajoutaient 16 hélicoptères H125 destinés à l’académie des forces armées qataries. Airbus parlait alors lui-même de « partenariat stratégique »[3].
Le commerce civil est lui aussi florissant. En 2025, les exportations françaises vers le Qatar ont doublé pour atteindre 1,54 milliard d’euros, dont 875 millions pour la seule aéronautique. Avec un excédent de 1,41 milliard, soit le triple de celui de 2024, le Qatar représentait le deuxième excédent commercial de la France au Moyen-Orient. Ces chiffres excluent le matériel militaire[4].
Nous vendons à Doha. Et autour d’un bon client, il se forme toujours un cercle de gens qui ont intérêt à ce qu’il le reste : industriels, fournisseurs, salariés, administrations chargées du commerce extérieur, diplomates, élus des territoires concernés.
La relation fonctionne dans les deux sens
D’après la Direction générale du Trésor, la valeur totale des actifs détenus par le Qatar en France serait aujourd’hui supérieure à 25 milliards d’euros, dont environ 18 milliards pour son fonds souverain, la Qatar Investment Authority. La France est ainsi l’un des cinq premiers pays récipiendaires des investissements souverains qataris, et souvent considérée comme le premier si l’on rapporte les montants à la taille des économies nationales. Le Qatar détient des actifs dans l’immobilier parisien, l’hôtellerie de prestige – Royal Monceau, Peninsula, Carlton de Cannes -, les médias avec BeIN Sports, et bien entendu le Paris Saint-Germain. Il possède également des participations minoritaires dans plusieurs groupes du CAC 40, notamment Vinci, TotalEnergies, LVMH et Accor[5].
Qatar Sports Investments a racheté 70 % du Paris Saint-Germain en juin 2011, puis les 30 % restants en mars 2012[6]. Acheter un grand club de football, c’est entrer dans la vie quotidienne de millions de personnes, associer pendant des décennies le nom de « Qatar » à celui de « Paris », faire porter son emblème par des enfants, inviter responsables politiques et économiques dans des tribunes VIP et rendre progressivement familière la présence de la marque Qatar dans le paysage national. Un soft power d’autant plus efficace qu’on finit par ne plus le remarquer.
Du côté des investissements, lors de la visite d’État de l’émir à Paris en février 2024, Emmanuel Macron et Tamim bin Hamad Al Thani ont annoncé un partenariat stratégique d’investissement assorti d’un engagement qatari de 10 milliards d’euros en France d’ici 2030, dans des secteurs identifiés comme prioritaires : semi-conducteurs, intelligence artificielle, aérospatial, santé et transition énergétique[7]. Parallèlement, le fonds conjoint Future French Champions, créé en 2013 par Bpifrance et la QIA, a investi dans la start-up de calcul quantique Alice & Bob et dans Harmattan AI, entreprise française qui développe des solutions d’intelligence artificielle pour l’autonomie des systèmes militaires[8].
En résumé, le Qatar possède plus de 25 milliards d’euros d’actifs chez nous. Nous lui ouvrons des investissements dans l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, l’aérospatial et des entreprises touchant aux technologies militaires. Et parallèlement, nous souhaitons approfondir notre coopération en matière de sécurité intérieure.
De l’influence à l’ingérence
Cette question serait déjà légitime avec n’importe quelle puissance étrangère. Elle l’est davantage lorsqu’il s’agit d’un régime autoritaire. Les capitaux d’un État autoritaire peuvent entrer dans les sociétés démocratiques et bénéficier de nos libertés économiques, universitaires, religieuses, médiatiques et associatives.
L’influence change de nature lorsque le financeur devient invisible, lorsque les circuits se dissimulent ou lorsque l’intervention vise à transformer l’information sans que le public connaisse son commanditaire. On parle alors d’ingérence.
Une enquête publiée le 14 janvier 2026 par le Bureau of Investigative Journalism en donne une illustration. L’agence de communication londonienne Portland Communications, titulaire depuis 2013 d’un contrat qatari allant des affaires publiques au « nation branding », a fait modifier des pages de Wikipédia consacrées au Qatar par des réseaux de comptes non déclarés, afin de mettre en avant les contenus favorables et d’atténuer ou d’enfouir les contenus défavorables, notamment sur les droits humains et la préparation de la Coupe du monde[9].
La tentative d’influencer directement des élus européens a, elle, été qualifiée d’ingérence étrangère grave par le Parlement européen lui-même. Le 9 décembre 2022, seize perquisitions à Bruxelles conduisent à la saisie d’environ 1,5 million d’euros en liquide et à l’arrestation de plusieurs suspects, dont l’eurodéputée grecque Eva Kaili, vice-présidente du Parlement européen, et son compagnon Francesco Giorgi, assistant parlementaire. Quelque 600 000 euros sont saisis au domicile de l’ancien eurodéputé italien Pier Antonio Panzeri, 150 000 euros à celui d’Eva Kaili, son père étant intercepté avec près de 500 000 euros supplémentaires. Le Parlement européen a suspendu les badges d’accès des représentants qataris et gelé les travaux législatifs concernant l’émirat. L’enquête est toujours en cours[10].
Le problème des Frères musulmans n’est pourtant pas caché
Il existe un domaine dans lequel les responsables français ne peuvent plus prétendre ignorer la politique qatarie : les Frères musulmans.
Le rapport Frères musulmans et islamisme politique en France, daté du 2 mai 2025 et rendu public par le ministère de l’Intérieur à la fin du mois de mai, affirme que l’essor de la mouvance lors des Printemps arabes « a été soutenu et favorisé par la Turquie et le Qatar, où le pouvoir politique a développé [d’]étroites relations avec la mouvance ». Il désigne explicitement le levier médiatique de ce soutien : le lancement d’Al Jazeera en 1996 et la diffusion des causeries de Youssef al-Qaradawi. Il décrit ailleurs le couple Ankara-Doha comme « un puissant axe de soutien » aux Frères musulmans au Moyen-Orient[11].
Le même rapport documente les financements étrangers reçus par les structures de la mouvance en France. Il indique que, via ses fonds de dotation et des sociétés civiles immobilières, les projets de Musulmans de France ont bénéficié de financements en provenance du Qatar – Strasbourg, Mulhouse, Villeneuve-d’Ascq, Schiltigheim, Lille, Marseille, IESH et mosquées de Seine-Saint-Denis -, du Koweït et d’Arabie saoudite[12].
Il faut mesurer l’étrangeté de la situation. En 2025, le ministère français de l’Intérieur publie un rapport établissant que le Qatar a constitué avec la Turquie un axe majeur de soutien aux Frères musulmans et que des financements qataris ont bénéficié en France à des structures de cette mouvance. En août 2026, le ministre de l’Intérieur se réjouit d’une coopération sécuritaire avec ce même État « d’une grande densité » et annonce vouloir encore l’approfondir.
Par honnêteté, il faut ajouter que le même rapport relève un infléchissement : après l’accord d’Al Ula qui met fin en 2021 aux tensions avec ses voisins du Golfe, Doha a mis en place un contrôle strict des flux bancaires, engagement pris dans le cadre du dialogue bilatéral franco-qatarien, ce qui a conduit au relèvement de la notation du pays par le GAFI[13]. La question n’est donc pas de savoir si le Qatar a changé de méthode. Elle est de savoir ce que quarante ans d’investissement doctrinal ont laissé derrière eux.
Yusuf al-Qaradawi, le maître à penser du frérisme
Le frérisme désigne ici, selon la grille d’analyse du CERIF, non pas l’organisation des Frères musulmans au sens strict mais l’écosystème idéologique, institutionnel et normatif qui en procède et qui s’est adapté aux sociétés occidentales. La relation de Doha avec cet univers est ancienne. Yusuf al-Qaradawi en est le meilleur exemple. Figure intellectuelle centrale issue des Frères musulmans, il s’installe au Qatar au début des années 1960, y fait carrière, acquiert la citoyenneté qatarie et devient l’une des voix musulmanes les plus écoutées au monde, notamment grâce à son émission sur Al Jazeera. Il fonde et préside ensuite l’Union internationale des savants musulmans, dont le siège est à Doha. Le Qatar n’a pas seulement accueilli des Frères musulmans persécutés : il leur a fourni pendant des décennies un environnement politique, institutionnel, universitaire et médiatique particulièrement favorable.
À cela s’ajoute l’alliance avec Ankara. Depuis l’accord conjoint du 19 décembre 2014, les deux États disposent d’un Comité stratégique suprême coprésidé par Recep Tayyip Erdoğan et l’émir du Qatar. Lors de sa onzième session, tenue à Doha le 22 octobre 2025, les deux gouvernements ont réaffirmé la profondeur de leur partenariat et leur volonté d’étendre leur coopération, y compris dans le domaine de la défense[14]. Ce rapprochement ne prouverait rien en lui-même au sujet des Frères musulmans, mais notre propre ministère de l’Intérieur affirme précisément que la Turquie et le Qatar ont constitué ensemble un axe de soutien à la mouvance.
Le frérisme en France
L’influence qatarie sur l’islam européen ne s’est pas limitée au financement de mosquées. L’enquête de Christian Chesnot et Georges Malbrunot, Qatar Papers, a documenté à partir de pièces bancaires et de correspondances internes le financement par Qatar Charity d’environ 140 projets en Europe – mosquées, centres islamiques et écoles -, dont une série en France[15].
Surtout, Doha a offert pendant des décennies à Yusuf al-Qaradawi les moyens institutionnels et médiatiques d’élaborer et de diffuser une doctrine destinée spécifiquement aux musulmans vivant en Occident. En France, cette doctrine a circulé par l’UOIF, devenue Musulmans de France, par les Instituts européens des sciences humaines et par le Conseil européen de la fatwa et de la recherche, longtemps présidé par Qaradawi. Le décret du 3 septembre 2025 portant dissolution de l’association Institut européen des sciences humaines relève ainsi que le responsable de l’enseignement à distance de l’IESH « est actif dans la sphère frériste notamment en traduisant et commentant les “avis juridiques” de Youssef al-Qaradawi, ancien président du Conseil européen pour la fatwa et la recherche »[16]. Il existe donc une continuité documentable entre le centre doctrinal installé à Doha et une partie des structures qui ont participé, pendant plusieurs décennies, à la formation des cadres de l’islam en France.
L’investissement massif dans l’université
Il existe un autre domaine dans lequel le Qatar a investi à une échelle spectaculaire : l’université. Aux États-Unis, l’exploitation des déclarations de dons étrangers auprès du Department of Education montre que les institutions qataries ont versé au moins 4,7 milliards de dollars aux universités américaines entre 2001 et 2021, sous forme de dons et surtout de contrats et de financements institutionnels, ce qui fait du Qatar le premier financeur étranger de l’enseignement supérieur américain sur la période[17].
Dans certains cas, les montants donnent le vertige : plus de 1,95 milliard de dollars pour les sommes versées directement à Cornell entre 2001 et 2023 pour son implantation qatarie, et plus d’un milliard pour celles liées à Texas A&M et à son campus de Doha[18].
Des décennies d’investissement dans l’université ont contribué à créer un environnement intellectuel et institutionnel dans lequel l’antisionisme, la haine de l’Occident colonial et autres thèses fréristes ont acquis une position dominante dans plusieurs secteurs académiques. Financer les lieux où se forment les journalistes, les diplomates, les chercheurs et les futures élites politiques conduit à acquérir une influence sur les catégories mêmes avec lesquelles une société pense le monde.
Le Hamas et l’Iran : des relations ambiguës
Le Qatar héberge le Hamas et traite avec l’Iran. Il parle avec nous, il parle avec nos ennemis, et nous ne savons pas ce qu’il leur dit de nous.
Le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères qatari, cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani, a lui-même expliqué que le bureau du Hamas avait été ouvert à Doha en 2012 en coordination avec les États-Unis, et à leur demande, afin de maintenir un canal de communication avec Gaza[19]. Avec la République islamique d’Iran, Doha entretient des relations commerciales et diplomatiques suivies, au point de s’être proposé comme médiateur entre Téhéran et Washington.
Un intermédiaire vaut par ses accès, et ses accès jouent dans les deux sens. Cela ne fait pas du Qatar un allié de l’Iran au sens où l’est un proxy iranien. Mais cela signifie qu’un renseignement sensible transmis à Doha entre dans un environnement politique qui n’est pas celui de Paris, et que nous n’avons aucun moyen de savoir où il s’arrête. S’agissant de la sécurité nationale, cela suffirait à imposer de sérieuses précautions !
La sécurité n’est pas un contrat commercial comme les autres
La France a beaucoup contribué à la montée en puissance sécuritaire du Qatar, lui vendant des équipements, formant des personnels et coopérant lors de la Coupe du monde. Réciproquement, un contingent de la force de sécurité intérieure qatarie a participé à la sécurisation des Jeux olympiques de Paris. Cette participation reposait sur un accord administratif de coopération signé le 28 février 2024 par le cheikh Khalifa bin Hamad bin Khalifa Al Thani et Gérald Darmanin, complété par un plan d’action quinquennal 2024-2027 et par une lettre d’intention entre la Lekhwiya et la gendarmerie nationale[20]. Le périmètre annoncé était large : patrouilles pédestres, centre national des opérations, unités montées, drones, neutralisation des explosifs, équipes cynotechniques, appui d’analystes en cybersécurité, lutte antiterroriste et maintien de l’ordre[21].
Cette coopération opérationnelle réciproque peut être rationnelle, mais il existe une différence essentielle entre coordonner des équipes de déminage pour sécuriser les Jeux olympiques au Qatar et partager du renseignement sensible sur les réseaux islamistes européens.
Toutes les informations ne se valent pas. Que partage-t-on avec Doha ? Des informations sur des menaces immédiates, des profils individuels, des analyses sur les Frères musulmans, des circuits financiers, des renseignements sur les relations entre organisations européennes et acteurs du Golfe, des informations cyber, des méthodes techniques ou encore des identités de sources ?
Qu’est-ce qui prouve qu’ils ne demandent pas au ministère de l’Intérieur certaines assurances sur la protection des réseaux fréristes en France, voire des faveurs sur leur présence au FORIF ou l’organisation de la lutte contre « l’islamophobie », cet instrument redoutable d’influence mis au point par les Frères musulmans ?
La sécurité ne consiste pas à attendre la preuve d’une fuite ou d’éléments de corruption pour réfléchir au risque qu’elle représente.
Sommes-nous donc en train de nous vendre ?
La question est volontairement brutale.
Nous avons vendu au Qatar des dizaines d’avions de combat. Nous lui vendons de l’aéronautique, du luxe, des technologies et de l’expertise. Nous avons laissé des capitaux qataris acquérir plusieurs dizaines de milliards d’euros d’actifs français. Nous les associons désormais à certains de nos secteurs technologiques stratégiques. Nous souhaitons qu’ils investissent 10 milliards supplémentaires. Et dans le même temps, nous approfondissons une coopération sécuritaire que notre ministre de l’Intérieur qualifie lui-même de « grande densité ».
Tout cela peut parfaitement se justifier, dossier par dossier. Mais c’est l’addition de ces dossiers qui doit nous interroger.
Les liens anciens de Doha avec les Frères musulmans et ses financements de structures de cette mouvance en France sont documentés. Le Qatar a offert pendant des décennies un environnement privilégié à Yusuf al-Qaradawi. Il maintient une alliance stratégique avec la Turquie d’Erdoğan, héberge depuis 2012 le bureau politique du Hamas et conserve des canaux suivis avec la République islamique d’Iran.
La question n’est pas de savoir s’il faut cesser de commercer avec le Qatar ou rompre toute coopération avec lui. Elle est de savoir si la multiplication de nos intérêts communs ne finit pas par affaiblir notre capacité à identifier nos intérêts divergents. Et si nous pourrons longtemps déplaire à un « client » qui connaîtra nos stratégies de défense.
[1] Qatar Tribune et The Peninsula, comptes rendus de la rencontre entre le cheikh Khalifa bin Hamad bin Khalifa Al Thani, ministre de l’Intérieur et commandant de la Lekhwiya, et Laurent Nuñez, 28 août 2026 ; message de Laurent Nuñez sur X, 29 août 2026.
[2] Ministère des Armées, Rapport au Parlement sur les exportations d’armement de la France, annexe « Principaux clients » (sur la décennie considérée, le Qatar figure au 3ᵉ ou 4ᵉ rang des clients de l’armement français, avec un cumul de l’ordre de 11 Mds €).
[3] Airbus Helicopters et NHIndustries, communiqués du 14 mars 2018 (DIMDEX, Doha) : 28 NH90, dont 16 NH90 TTH assemblés et livrés depuis Marignane et 12 NH90 NFH par Leonardo, plus 16 H125 en configuration entraînement pour l’académie des forces armées qataries (contrat supérieur à 3 Mds € pour le consortium).
[4] Direction générale du Trésor, « Les échanges commerciaux entre la France et le Qatar en 2025 », publié le 27 juillet 2026.
[5] Direction générale du Trésor, « Les investissements du Qatar en France », publié le 26 juillet 2026.
[6] Qatar Sports Investments : acquisition de 70 % du capital du Paris Saint-Germain auprès de Colony Capital le 30 juin 2011, puis des 30 % restants en mars 2012.
[7] Élysée, communiqué conjoint à l’occasion de la visite d’État de S. A. le cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, février 2024 ; Direction générale du Trésor, « Visite d’État de l’Émir du Qatar en France : la promesse d’investir 10 Mds EUR en France ».
[8] Direction générale du Trésor, « Les investissements du Qatar en France », publié le 26 juillet 2026.
[9] The Bureau of Investigative Journalism, « London PR firm rewrites Wikipedia for governments and billionaires », enquête de Claire Wilmot, 14 janvier 2026.
[10] Parquet fédéral belge, perquisitions du 9 décembre 2022 ; Parlement européen, résolution du 15 décembre 2022 sur les soupçons de corruption émanant du Qatar (les montants par domicile varient selon les sources : les agences de presse retiennent environ 600 000 € chez P. A. Panzeri et 150 000 € chez E. Kaili, pour un total d’environ 1,5 million d’euros saisi lors de seize perquisitions).
[11] Ministère de l’Intérieur, Frères musulmans et islamisme politique en France, rapport daté du 2 mai 2025, rendu public fin mai 2025, sections 2.1.1.1, 2.2.2 et 3.1.1.1.
[12] Ibid.
[13] Ibid., section 2.2.2.5.
[14] Communiqué conjoint de la onzième session du Comité stratégique suprême entre la République de Türkiye et l’État du Qatar, Doha, 22 octobre 2025 ; accord instituant le Comité, 19 décembre 2014.
[15] Christian Chesnot et Georges Malbrunot, Qatar Papers. Comment l’émirat finance l’islam de France et d’Europe, Michel Lafon, 2019.
[16] Décret du 3 septembre 2025 portant dissolution de l’association « Institut Européen des Sciences Humaines (IESH) », JORF, texte n° JORFTEXT000052182608.
[17] Données de déclaration de dons étrangers du U.S. Department of Education, exploitées par la National Association of Scholars (étude de 2022, reprise dans le rapport Outsourced to Qatar) : au moins 4,7 milliards de dollars entre 2001 et 2021.
[18] ISGAP, programme Follow the Money : rapport sur Cornell (avril 2024), plus de 1,95 milliard de dollars entre 2001 et 2023 ; rapport Hijacking Higher Education. Qatar, the Muslim Brotherhood, and Texas A&M (novembre 2023), plus d’un milliard de dollars.
[19] Déclarations du Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani, entretien à CNN, 9 septembre 2025.
[20] Accord administratif de coopération en matière de sûreté signé le 28 février 2024 en marge de la visite d’État de l’émir, par le cheikh Khalifa bin Hamad bin Khalifa Al Thani et Gérald Darmanin ; plan d’action bilatéral 2024-2027 ; lettre d’intention Lekhwiya – gendarmerie nationale ; déploiement du contingent qatari annoncé le 11 juillet 2024.
[21] Ibid.
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