Par Didier IDJADI, Sociologue.

En 1979, la victoire de la révolution islamiste n’a pas été le fait des seuls islamistes. Elle a été rendue possible par une alliance tactique entre les islamistes de Khomeiny et une gauche radicale pro-soviétique (Tudeh, Fedayin-e Khalq) et pro-maoïste. Cette gauche pensait instrumentaliser l’islamisme contre l’Occident et le Shah, pour prendre le pouvoir ensuite. On connaît la suite : une fois au pouvoir, les islamistes ont éliminé méthodiquement leurs alliés de gauche.

En France aujourd’hui, on observe une configuration qui présente des ressemblances troublantes :

D’un côté, l’ultra-gauche et la mouvance mélenchoniste (LFI et ses satellites).

De l’autre, les réseaux islamistes, décoloniaux et communautaristes.

Ces deux blocs, distincts idéologiquement, convergent dans la rue et dans les manifestations. Leurs actions sont coordonnées ou, au minimum, en convergence objective. Leur méthode : manifestations qui débordent, attaques systématiques contre les symboles de la République et les forces de l’ordre, complaisance face aux pillages et aux violences. L’objectif commun, avoué ou non, est d’affaiblir la République laïque, de délégitimer ses institutions et de créer un chaos propice à leur projet.

Le partage des rôles est clair aujourd’hui :

  1. Les islamistes sapent les valeurs de la République à la base : ils attaquent frontalement la laïcité, la liberté de pensée, la liberté d’expression, l’égalité femmes-hommes et la liberté de conscience.
  1. Ensuite, la gauche radicale et les mélenchonistes achèvent le travail par leur silence et leur propagande : dès que la République se défend, ils crient à l' »islamophobie ». Ils inversent les rôles, font passer les victimes pour bourreaux et les défenseurs de la laïcité pour racistes.

C’est le miroir exact de 1979. À l’époque, la gauche iranienne parlait d' »islam progressiste et anti-impérialiste » pour justifier son alliance. Aujourd’hui en France, on reprend la même rhétorique pour chercher des alliances électorales et des réservoirs de votes. Comme en Iran, on croit pouvoir gagner une élection avec les voix islamistes, quitte à brader la République.

Et bien sûr, tout cela se produit dans un contexte français déjà extrêmement fragilisé : crise économique et sociale, pessimisme généralisé, montée de l’extrême droite, méfiance profonde à l’égard du Président et du gouvernement, et incertitude internationale. Dans ce contexte, chaque attaque contre la République la rend encore plus fragile.

Quand la gauche s’allie avec l’islamisme, fait confiance aux islamistes et oublie ses propres valeurs comme la liberté de pensée et la laïcité, c’est elle qui affaiblit la République.

Le plus tragique concerne les jeunes générations. Fonctionnant à l’agitation idéologique, à coups de slogans anti-impérialistes et anti-racistes, elles oublient la laïcité et en viennent à défendre le voilement des femmes, croyant défendre une liberté. Elles deviennent ainsi les victimes consentantes d’une idéologie néfaste qui les instrumentalise. Aveuglées par une propagande qui les dépasse, elles sont les enfants perdus de la République.

Didier IDJADI : « Iran, Islamisme, Laïcité : Histoire d’un affrontement », édition Héliade

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