Enquête signée Sabrina DELIRY et Joël REY

L’offensive d’Israël et des États-Unis contre le régime islamique en Iran, les manifestations nationales et le soulèvement populaire face aux “Mollahs” génèrent un enthousiasme sans pareil parmi les “amis des démocraties”. Quel étonnement de lire un soutien de Jean-Luc Mélenchon à ce mouvement de libération, lui qui, en France, affiche un appui aux mouvements radicaux palestiniens, voire aux partisans du Hamas. Les prises de position des membres LFI s’exposant avec des terroristes, comme Mariam Abu Daqqa, une des cheffes politiques du FPLP, ne manquent pas…

Suite aux investigations que nous menons déjà depuis de nombreux mois, des éléments nous permettent d’affirmer que dans certaines villes où des élus de La France insoumise (LFI) sont implantés, ils sont une courroie de transmission du terrorisme palestinien (Hamas, FPLP…), en captant de l’argent public via le tissu associatif.

Une illustration sans équivoque est la création, il y a un an et demi, par les militants mélenchonistes, d’une antenne locale de l’AFPS (Association France Palestine Solidarité) en Saône-et-Loire. Une organisation officiellement humanitaire mais qui, en réalité, s’avère bien plus sulfureuse… Afin de mener à bien différents programmes et initiatives, l’AFPS a noué des liens avec des ONG pour le moins compromises dans le financement du terrorisme ou le blanchiment de fonds ad hoc.

L’AFPS, en partenariat avec Humani’Terre (ONG proche de La France insoumise), a multiplié depuis des décennies des projets prétendument humanitaires et agricoles à Gaza, développés avec différentes factions terroristes locales, en tête desquelles le Hamas et le FPLP (Front populaire de libération de la Palestine)… L’association Humani’Terre – sous enquête du PNAT et de la DGSI depuis novembre 2023 pour soupçon de financement d’organisations terroristes ; dont les avoirs sont gelés depuis juin 2024 – vient de voir les sanctions à son encontre prorogées pour 6 mois.

Au sein de la Plateforme des ONG pour la Palestine, l’AFPS coopère entre autres avec l’association Al-Haq à des campagnes de “lawfare” et des actions BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions). Michel Fayad, géopolitologue, que nous avons sollicité, confirme “qu’Israël a classé Al-Haq, organisation terroriste liée au FPLP, en 2021 ; c’est la preuve d’un maillon critique dans le réseau. Le partenaire palestinien de l’AFPS sur un projet de l’AFD (Agence française de développement), le Ma’an Development Center, avait au sein de son bureau exécutif un membre identifié de la direction du FPLP à Deir el-Balah. Ce lien a poussé le gouvernement australien à suspendre son aide à son propre partenaire. L’AFPS a été, de facto, directement compromise.”

L’exemple chimiquement pur de l’AFPS Saône-et-Loire montre combien cette stratégie de captation des ressources publiques est désormais assumée par certains élus issus de la gauche radicale, pour alimenter des réseaux terroristes et islamistes à Gaza… Sa création et son administration, assurées par des dirigeants locaux étiquetés LFI, à l’instar de ses deux coprésidents, Richard Beninger et Ivan Maréchal, qui sont respectivement responsables des groupes d’actions “Insoumises et insoumis de Chagny” et “Chalon l’insoumise”, Ils la saturent parallèlement de leurs troupes ; une douzaine au moins d’élus Insoumis locaux les plus en vue y militent, parmi lesquels Damien Saley (candidat suppléant à la législative partielle de mai/juin 2025), Sylvie Herody, Sophie Rosso, Pierre Fuentes, Khedija Larabi, Tahar Nakhili, Elisabeth André-Siméon, Robert Germain et Bernard Dupuis (tous deux membres du groupe d’action Monceau Insoumise, dirigé par la candidate LFI Fatima Kouriche).

L’hypothèse d’une organisation apolitique est donc ici biaisée, voire consciemment dissimulée. La question en suspens est de savoir quelles collectivités territoriales subventionnent ces ONG marquées politiquement, proches de la France insoumise, notamment à l’AFPS 71…

 

 

Rien qu’à Chalon-sur-Saône et ses environs, elles sont des dizaines d’entités, soit-disant “apolitiques”, à être plus ou moins directement liées aux partis d’extrême gauche, comme la Ligue des droits de l’Homme de Chalon, l’ASTI 71 (Association de solidarité avec tou-te-s les immigré-e-s), le Collectif Chalon solidarité migrants, le collectif des Victoires populaires, Artisans du Monde Chalon-sur-Saône, CCFD Terre solidaire Chalon, la Cimade, le Planning familial de Chalon-sur-Saône, la Libre Pensée de Saône-et-Loire… Plusieurs de ces organisations ne s’astreignent pas à publier leurs comptes ; de surcroît elles effectuent des rétrocessions de crédits réciproques, rendant encore plus opaques ces financements à visée de toute évidence politique.

Rappelons que les associations et fondations ayant reçu moins de 153 000 euros de dons et/ou subventions au cours d’un exercice comptable ne sont pas tenues de publier leurs comptes annuels, ni le rapport du commissaire aux comptes. Bien que des sanctions soient prévues en cas de non-respect de cette obligation réglementaire, elles sont rarement appliquées, offrant ainsi une véritable ‘opportunité de dissimulation’ à des acteurs peu scrupuleux. Ou comment continuer à se tirer une balle dans le pied, légalement, face à des ‘ennemis de l’intérieur’…

 

Ajoutons que la municipalité d’Évry vota, en octobre 2024, une subvention de 10 000€ à l’AFPS, ce dont se félicitait la députée LFI de l’Essonne et conseillère municipale d’Évry, Farida Amrani. Le 5 juin 2024, la municipalité de Corbeil-Essonnes attribuait 1500 euros à cette ONG, dont les membres dirigeants font également partie du conseil municipal. À Noisy-le-Sec, où Aurélie Trouvé est députée LFI, une subvention de 3600 euros fut attribuée à l’AFPS, en 2025.

Ces fonds publics ne financent pas seulement le terrorisme islamique palestinien, mais d’abord les bataillons de militants qui, à travers ces organisations satellites et sous prétexte d’action humanitaire ou de droits de l’Homme, font en réalité campagne pour la France insoumise, sans que ces frais n’apparaissent jamais sur aucun compte de campagne, soumis à la législation de la vie politique. C’est ce que nous avons pu constater en 2024, à l’occasion des élections européennes, puis des législatives anticipées, où ces associations officiellement « apolitiques » vinrent faire campagne pour La France insoumise et le NFP. Le Syndicat de la magistrature, que Sophie Coignard décrit dans Le Point comme une « succursale de LFI », et dont la présidente Kim Reuflet ira jusqu’à soutenir le projet mélenchoniste d’abroger le délit d’apologie du terrorisme. Édifiant. D’après l’ancien magistrat, ex-procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard : “l’apologie du terrorisme est le moyen de recruter des candidats vers l’action terroriste ; c’est une forme d’apologie politico-religieuse. Ceux qui veulent l’abroger font prendre des risques considérables, vis-à-vis de la sécurité des citoyens.”

Un fait à rapprocher de la troublante mansuétude, voire de la cécité, dont bénéficie La France insoumise de la part d’une magistrature dont un tiers au moins appartient à ce syndicat éponyme. En décembre 2024, des faits associant LFI, l’UJFP et l’AFPS ont été portés à la connaissance du Parquet national antiterroriste dans une plainte déposée par l’avocat Gilles-William Goldnadel. Durant plusieurs mois, la plainte a circulé de section en section au Parquet, avant d’être classée sans suite.

Autre exemple : les affaires des assistants d’eurodéputés frappant le MoDem et le Rassemblement national, initiées en 2017, ont débouché sur des condamnations, largement commentées. En revanche, celle lancée dans le même temps contre LFI sur des faits similaires, là aussi établis par l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), n’a pas progressé d’un iota.

Cette méthode consistant à déplacer l’action politique et son financement hors des partis pour la faire échapper à leurs règles de financement n’est ni une nouveauté, ni une question secondaire. Elle a été introduite voilà quarante ans via SOS Racisme, à l’époque, tel un ‘faux-nez du Parti socialiste’, où il était – déjà ! – chapeauté par un certain Jean-Luc Mélenchon… Une martingale de cette gauche issue du trotskisme pour disposer de ressources sans commune mesure avec ses concurrents et peser sur l’opinion. Raison pour laquelle le phénomène s’est généralisé depuis, expliquant dans une large mesure la dérive de cette extrême gauche vers l’antisémitisme et le soutien au totalitarisme islamiste.

Rien d’étonnant à ce qu’Israël exige à ce jour de connaître les identités des intervenants au sein des ONG à Gaza, afin de s’assurer qu’elles ne sont pas en lien avec des mouvements terroristes… En France, des membres de partis de gauche, comme le maire de Lyon, Grégory Doucet, continuent à mettre en avant des “martyrs ou des protagonistes islamistes”, en nommant notamment Hassan Abu Safiya, citoyen d’honneur de la ville… Cette complaisance avec des mouvements terroristes palestiniens, au sein de notre nation, ne saurait être tolérée plus longtemps.

 

Cartographie non exhaustive des mécanismes de captation de financements publics via des ONG et collectivités territoriales, au niveau national ⤵️

 

Sabrina Deliry est cofondatrice du CPAE (Cercle des proches aidants en EHPAD) et de l’OGRA (Observatoire du grand âge).

Elle a une double casquette « autonomie/dépendance et lutte contre l’antisémitisme/spécialiste du conflit israélo-palestinien ».

Elle a publié de nombreux articles et est une experte dans le domaine financier de la « lutte anti-blanchiment et financement du terrorisme ».

 

Joel Rey

Diplômé en Droit, Sciences Politiques et Défense.

Il est spécialiste du Renseignement et des questions militaires.

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