Car Maduro n’est pas une victime. Il est le produit et l’architecte d’un système qui a plongé le Venezuela dans le chaos politique, économique et criminel, tout en laissant prospérer des routes de la cocaïne qui irriguent désormais l’Europe. Les conséquences de cette faillite organisée ne se sont jamais arrêtées aux frontières vénézuéliennes. Elles ont explosé ailleurs, chez les autres, chez nous.
Ce que les commentateurs français oublient commodément, c’est la géographie. Le Venezuela n’est pas une abstraction lointaine. Il est à deux pas du Guyana et du Suriname. Et juste à côté, il y a la Guyane française. La France. Le territoire national. Celui par lequel transitent des tonnes de cocaïne avant d’inonder la Martinique, la Guadeloupe, puis l’Hexagone. Plus de la moitié de la cocaïne qui arrive en métropole emprunte cette route atlantique. Ce n’est pas une vue de l’esprit, c’est une réalité documentée, chiffrée, connue de tous les services de l’État.
Et pourtant, la France n’a rien fait. Rien de décisif. Rien de stratégique. Elle a géré les conséquences, jamais la cause. Elle a compté les morts, empilé les saisies, déployé des plans locaux, tout en laissant intact le nœud vénézuélien du problème. Une impuissance masquée par des discours technocratiques, pendant que les cartels, eux, n’attendaient personne.
À l’inverse, Donald Trump a fait ce que fait un souverainiste quand les intérêts et la sécurité de son pays sont attaqués. Il frappe. Il anticipe. Il détruit les vecteurs du trafic, qu’ils soient maritimes ou sous-marins. Il assume l’usage de la force. Non par goût du chaos, mais par refus de la soumission. Les États-Unis ont compris depuis longtemps que la guerre contre la drogue n’est pas un colloque international, mais un rapport de force.
La France aurait dû se tenir prête. Emmanuel Macron aurait dû agir. Parce que ce narcotrafic n’est pas une menace lointaine mais une agression directe contre son territoire, ses outre-mer, ses ports, ses quartiers, sa jeunesse. La Guyane n’est pas une périphérie exotique. Les Antilles ne sont pas une variable d’ajustement. Elles sont la France. Et quand la drogue de Caracas arrive à Fort-de-France, à Pointe-à-Pitre ou à Marseille, c’est l’échec de l’État qui circule sous cellophane.
Se réjouir de l’arrestation de Maduro n’est pas un reniement du droit. C’est le rappel brutal d’une évidence : la souveraineté ne se délègue pas, elle s’exerce. Trump l’a fait pour l’Amérique. La question qui demeure est simple, presque cruelle : quand la France acceptera-t-elle enfin de le faire pour elle-même ?
Voir aussi
23 décembre 2025
Boualem Sansal raconte à la NRP l’après-prison : « Apprendre à vivre dans la liberté »
0 Commentaire2 minutes de lecture
1 décembre 2025
Le politique, plus que jamais !
par Arnaud BenedettiFondateur et directeur de la Nouvelle Revue Politique.
La vocation de la NRP est de penser pour agir, de comprendre pour maîtriser, de débattre pour aider à décider aussi. Nous assumons des choix.
0 Commentaire4 minutes de lecture
3 décembre 2025
Shein au BHV : autopsie d’un renoncement politique et économique
par Bernard Cohen-HadadEntrepreneur, président du Think Tank Étienne Marcel.
Shein au BHV : ce mariage contre-nature acte un renoncement politique. Entre urbanisme punitif et iniquité fiscale, Bernard Cohen-Hadad dénonce le sabotage de notre industrie textile et exige la fin des privilèges accordés à l'ultra-fast fashion.
1 Commentaire6 minutes de lecture
5 décembre 2025
Les leçons à tirer des affaires Sansal et Christophe Gleizes
par Xavier DriencourtAmbassadeur.
Le journaliste français Christophe Gleizes a finalement été condamné à 7 ans de prison. Contre toute attente et alors que la plupart des observateurs s’attendaient à un acquittement ou une condamnation très légère de manière à ne pas envenimer le contentieux avec la France.
0 Commentaire5 minutes de lecture