Lundi 26 janvier s’est tenue la soirée de remise des trophées du prix Louis Delluc à la Cinémathèque française. Retour sur la soirée dédiée à la plus ancienne récompense cinématographique française qui a donné la part belle à la liberté. 

 

« Rien ne me semble plus précieux que notre façon très humaine, subjective, inattendue, d’apprécier, de mettre en valeur le cinéma », note Sophie Avon, critique de cinéma et vice-présidente de l’association Louis Delluc en ouvrant la soirée de gala où sont remis les prix avec un jury composé (seulement) de critiques de cinéma. Pour Sophie Avon, qui vient de publier le roman « Les filles » (Éditions Mercure de France), « le cinéma est bien vivant ». La salle Henri Langlois le confirme bien : elle est comble. Le jury du prix Louis Delluc présidé par Gilles Jacob ont choisi de récompenser Hafsia Herzi pour La petite dernière ainsi que Valentine Cadic pour Les rendez-vous de l’été pour le prix Louis Delluc du premier film. Elles sont, l’une et l’autre, de grands exemples de ce cinéma résolument vivant.

Figures récompensées et reconnues d’aujourd’hui, elles prennent appui sur les Grands qui les ont précédées et qui restent bel et bien des modèles pour des générations entières. D’ailleurs, l’extrait choisi par la comédienne de La Graine et le Mulet est tiré du cinéma de Marcel Pagnol. Hafsia Herzidit de l’auteur de La Gloire de mon père : « il m’a donné envie d’écrire et de jouer. Il faut lire et voir les œuvres de Pagnol ». Valentine Cadic évoque, quant à elle, l’influence de cinéastes comme Agnès Varda dont elle loue « sa grande liberté ». Elle a choisi comme œuvre le film documentaire Les glaneurs et la glaneuse sorti en 2000. À voir et à revoir.

Le cinéma est bel et bien vivant et continue à s’écrire. Les talents des deux lauréates du prix en témoignent. En remettant son prix à Hafsia Herzi, le journaliste et critique Gérard Lefort, qui a écrit « À nos amours ! » avec Gilles Jacob et Marie Colmant, a ainsi rappelé « le choix unanime du jury » pour son troisième long-métrage qui a compté plus de 400 000 entrées. Valentine Cadic récipiendaire du prix Louis Delluc créé en 1999, s’inscrit dans la continuité de Céline Sciamma et Mia Hansen-Love, Jean-Pierre Darroussin, Yolande Moreau, Valeria Bruni-Tedeschi, Laurent Cantet ou encore Emmanuel Finkiel, premier lauréat de l’histoire de ce prix. Elle nous mène, avec un talent certain, dans l’adrénaline des Jeux olympiques de l’été 2024, dont on est bien souvent nostalgiques, il faut le dire.

En créant le prix Louis Delluc (du nom d’une figure clé du cinéma muet)  les trois critiques de cinéma Maurice Bessy, Marcel Idzkowski et Georges Cravenne, critiques de cinéma, ne se sont pas trompés. Ils ont prôné le cinéma comme un « art jeune et art de jeunes ». On reste jeune parfois très longtemps. Et tant mieux.


Mathilde Aubinaud

Diplômée du CELSA et ancienne auditrice de l’École de Guerre, Mathilde Aubinaud est communicante. Après Foxintelligence (Nielsen), le ministère de l’Économie des Finances et Deloitte, elle est directrice associée chez Havas Paris et dirige le think tank #NEWDEAL. Elle enseigne depuis 2014 la communication et l’étude des médias dans l’enseignement supérieur. Elle a écrit plusieurs livres dont La Saga des Audacieux (VA Editions).

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