La ville de Mukalla, dans la province du Hadramaout, a été le théâtre, le 10 février, de manifestations massives portant des messages politiques clairs concernant la cause sudiste, dans un climat de forte tension et de colère après le bombardement mené par l’aviation saoudienne contre les forces sudistes, ayant entraîné la mort confirmée et documentée de plus de 400 combattants.

Les manifestants ont qualifié ce qui s’est produit de « massacre » contre les forces sudistes, estimant que le sang des martyrs impose une réévaluation globale de la relation avec la coalition. Sur les places publiques, des slogans virulents ont été scandés, notamment : « Saoudien, menteur, traître, assassin », illustrant l’ampleur de l’indignation populaire face à ce qu’ils considèrent comme une agression aérienne.

Renouvellement du mandat pour Al-Zoubaïdi

Au-delà de la condamnation, les manifestations ont été marquées par un renouvellement public du mandat en faveur du président du Conseil de transition du Sud, Aïdrous Al-Zoubaïdi. Les participants ont affirmé que la phase actuelle exige une direction sudiste unifiée, capable de défendre les droits du Sud, de protéger les sacrifices consentis et d’agir sur les plans politique et diplomatique.

Les intervenants ont souligné que le Sud n’acceptera pas la répétition de telles opérations et que tout processus politique futur devra reconnaître la réalité du Sud, ses forces et son rôle central dans l’équation yéménite.

Appels à une intervention internationale

Dans un développement notable, les manifestants ont appelé à une intervention urgente des organisations internationales, des Nations unies, des pays européens et des États-Unis, afin de mettre fin à ce qu’ils qualifient d’agression et d’ouvrir une enquête internationale indépendante sur le bombardement des forces sudistes. Ils ont également demandé des garanties internationales pour protéger les forces locales et empêcher la répétition de telles frappes.

Retour des organisations extrémistes

Parallèlement à ces événements, les inquiétudes grandissent quant au retour d’organisations terroristes sur la scène yéménite, notamment Al-Qaïda, profitant des divisions politiques et des fragilités sécuritaires. Des analyses évoquent également des tentatives de repositionnement de courants liés aux Frères musulmans, ce qui complique davantage la situation et accentue les tensions internes.

Des observateurs estiment que la poursuite des divisions et l’absence d’un règlement global offrent un terrain favorable à la résurgence des groupes extrémistes, plaçant le Sud et l’ensemble du Yémen face à des défis sécuritaires majeurs.

 

Emma Ray

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