Au début de l’année 2026, la publication massive des Epstein Files a provoqué une onde de choc d’ampleur internationale. De Londres à Paris, d’Oslo à Bratislava, révélations, démissions et enquêtes se succèdent, mettant en lumière l’extension et la profondeur de réseaux longtemps demeurés discrets. À l’inverse, aux États-Unis, malgré l’ampleur documentaire, les conséquences institutionnelles apparaissent plus limitées, accentuant le sentiment d’un décalage entre exposition médiatique et responsabilité effective. Cette dissymétrie interroge : comment expliquer qu’un même ensemble de faits produise des effets politiques et sociaux aussi contrastés de part et d’autre de l’Atlantique ?
Répondre à cette question nécessite de dépasser la seule actualité et de replacer cette affaire Jeffrey Epstein dans une perspective de longue durée. Loin d’être une anomalie, elle s’inscrit en effet dans une histoire plus vaste : celle des réseaux transnationaux privés, constitués en marge des structures étatiques, mais toujours en interaction constante avec elles. Ces réseaux, qui relient élites économiques, politiques et culturelles, reposent sur des mécanismes anciens — mécénat, circulation, intermédiation — dont les formes ont évolué sans que leur logique profonde disparaisse.
De l’évergétisme antique aux sociabilités de la Renaissance, des réseaux industriels et financiers de l’entre-deux-guerres aux configurations globalisées contemporaines, ces formes de transnationalité privée ont progressivement changé d’échelle, de nature et de visibilité. Longtemps européennes et relativement discrètes, elles deviennent, au fil du XXᵉ siècle, mondialisées, médiatisées et, dans certains cas, opaques. Des figures comme Émile Mayrisch, Aristide Zaharoff ou Armand Hammer illustrent les différentes étapes de cette transformation, avant que Robert Maxwell n’en propose une synthèse inédite, fondée sur la maîtrise de l’information et la concentration des ressources.
L’enjeu n’est donc pas seulement de comprendre un scandale contemporain, mais d’analyser les conditions historiques qui ont rendu possible l’émergence de telles figures. Ces réseaux se structurent autour d’invariants. Ils illustrent aussi le passage d’un espace européen à une dimension globale. Surtout, la mondialisation a transformé un système de relations élitaires en un dispositif capable de produire ses propres excès.
Nul besoin de remonter aux Romains pour saisir les invariants de la transnationalité privée — évergétisme, reputatio et mobilité — aux débuts du XXᵉ siècle. Plus intéressant est de saisir leurs recompositions depuis l’entre-deux-guerres, à mesure que s’affirme le contexte de médiatisation et d’accélération des circulations. Avec Robert Maxwell, le magnat britannique des médias, ces éléments se concentrent et deviennent transmissibles, ouvrant la voie à une transnationalité globalisée dont certaines figures contemporaines constituent les manifestations les plus extrêmes.
Invariants de la transnationalité privée (1919–1940)
Dans l’entre-deux-guerres, la transnationalité privée repose encore sur des invariants qui structurent durablement les pratiques des élites au-delà des frontières étatiques. Ces mécanismes ne sont pas propres au XXᵉ siècle, mais s’inscrivent dans une longue durée, héritée de l’Antiquité et de la Renaissance. Toutefois, aux lendemains de la seconde guerre civile européenne, elles prennent une configuration spécifique, marquée par la recomposition des équilibres continentaux et la montée des tensions politiques. Trois dimensions principales organisent toujours ces réseaux : l’évergétisme, la reputatio indissociable de l’affairisme, et la mobilité. Cette apparente permanence des structures élitaires peut être éclairée par l’intuition célèbre formulée par don Fabrizio Corbera, prince de Salina : « Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change ». La transnationalité privée relève précisément de cette logique. Derrière les ruptures politiques et économiques du XXᵉ siècle, les mécanismes de légitimation, de circulation et d’intermédiation des élites demeurent, tout en se recomposant.
L’évergétisme constitue le socle de cette légitimité élitaire. Il repose sur la capacité à convertir une richesse économique en capital symbolique par le mécénat, la philanthropie et l’engagement socioculturel. Plongeant au plus profond de la tradition antique, cette logique permet aux élites de s’inscrire dans une continuité historique et de stabiliser leur position dans un environnement incertain. L’industriel luxembourgeois Émile Mayrisch en offre une illustration exemplaire. Par ses politiques sociales — logements, hôpitaux, soutien aux ouvriers — et par son engagement dans des réseaux bancaires et politiques belge, allemand et français, il construit une image de « grand patron » protecteur. Associé à l’action de son épouse, Aline de Saint-Hubert, militante des droits de l’homme, socialiste et philanthrope, femme de lettres en lien avec des figures comme André Gide ou Jean Schlumberger, il inscrit cette légitimité dans une sociabilité intellectuelle transnationale. L’évergétisme apparaît ainsi comme une condition de constitution de réseaux, en fournissant un langage commun et une reconnaissance partagée.
Cependant, cette légitimité ne prend sens que dans sa traduction opérationnelle : la reputatio, entendue comme capital de crédibilité immédiatement mobilisable dans les affaires. Celle-ci ne relève pas d’une morale abstraite, mais d’un équilibre instable entre image publique et efficacité économique. Elle est indissociable de l’affairisme, qui en constitue le prolongement pratique. Le cas d’Aristide Zaharoff est à cet égard éclairant. À cheval sur les mondes d’avant et après 1914, capable d’adopter les codes des dirigeants avec lesquels il traite — Georges Clemenceau, David Lloyd George ou Aristide Briand —, il construit une réputation compatible avec les attentes des élites politiques. Mais cette réputation est fondamentalement instrumentale : elle permet d’accéder, de négocier, d’intermédier. Elle n’exclut pas des engagements plus ambigus. Comme une partie des milieux industriels européens, notamment autour du Comité des forges, Zaharoff s’inscrit dans une logique où la défense des intérêts économiques et l’antimarxisme peuvent conduire à des formes d’accommodement, qu’il s’agisse de vendre à des partenaires entre eux antagonistes ou de soutenir clandestinement les régimes autoritaires des années 1930.
Ce constat éclaire en retour la position d’Émile Mayrisch. Si son évergétisme et sa réputation semblent plus stabilisés, ils ne le placent pas hors du jeu des contraintes politiques. Par ses intérêts industriels en Allemagne et par les réseaux auxquels il appartient, il aurait pu, comme son associé Gaston Barbanson, être entraîné dans des logiques d’accommodement avec le nazisme. Sa disparition prématurée, le 5 mars 1928, le soustrait à cette épreuve. La réputation apparaît ainsi comme un pivot fragile, constamment renégocié entre légitimité morale et impératifs économiques.
La mobilité constitue le troisième invariant de cette transnationalité. Elle organise concrètement l’espace et le temps des réseaux. Dans l’entre-deux-guerres, elle repose sur un système articulé de transports qui structurent des formes spécifiques de sociabilité. À travers des lignes prestigieuses comme l’Orient-Express, le train permet une circulation régulière entre capitales européennes. Quant au paquebot, il ouvre déjà l’espace transatlantique. Des navires comme le Titanic, le Normandie, le France ou le Queen Mary constituent de véritables microcosmes sociaux, où les élites échangent et consolident leurs relations. Ces espaces apparaissent rétrospectivement comme des corps morts pour les cormorans, comme les vestiges d’une sociabilité élitaire fondée sur un déplacement lent. Dans le même temps, l’automobile introduit une rupture fondée sur la vitesse, individualisant la mobilité et accélérant les rythmes. La mort de Mayrisch aux abords de Chalons-sur-Marne symbolise cette tension entre maîtrise et accélération chère à Paul Morand. Ainsi, l’évergétisme, la reputatio articulée à l’affairisme et la mobilité constituent trois invariants indissociables de toute transnationalité privée. Ensemble, ils définissent un système robuste mais fragile, capable de traverser les frontières tout en restant exposé aux recompositions politiques.
Rupture, médiatisation et recomposition (1945–années 1970)
Pas plus que ne l’avait fait la Première, la Seconde Guerre mondiale ne met pas fin aux réseaux transnationaux privés, mais en transforme profondément la nature. Les structures héritées de l’entre-deux-guerres, fondées sur des équilibres européens denses mais contraints, cèdent progressivement la place à une configuration nouvelle, caractérisée par l’élargissement des espaces d’action, l’accélération des circulations et une mutation culturelle majeure : l’entrée des élites dans un régime de visibilité médiatisée.
Le premier bouleversement est spatial. L’Europe brisée, épuisée et scindée en deux blocs rivaux cesse d’être le centre exclusif des réseaux. L’espace transatlantique, structuré par la montée en puissance des États-Unis, devient le nouvel espace de richesse et d’évolution des pratiques élitaires. Cette transformation est indissociable d’une révolution des mobilités. À partir de 1952, l’aviation commerciale introduit une nouvelle temporalité. Là où le train et le paquebot organisaient des temporalités séquentielles, l’avion permet désormais la simultanéité des présences. Les élites peuvent désormais se déplacer rapidement d’un continent à l’autre, multipliant les lieux de présence, plutôt qu’elles ne les renouvellent, et densifiant leurs interactions. Cette accélération donne naissance à une nouvelle forme de sociabilité élitaire : la jet-set, que le géographe Rémy Knafou définit comme une « microsociété constamment en mouvement ». Celle-ci ne se limite pas à une simple élite mobile : elle constitue un véritable système social, structuré par des lieux anciens — Saint-Tropez, Cannes, Capri, Monaco — auxquels on ajoute de nouveaux — New York, Los Angeles, Las Vegas, Singapour, Dubaï — et des temporalités propres, scandées par les saisons, les festivals et les événements mondains.
Le rôle des médias est ici déterminant. Le cinéma, en particulier, ne se contente pas de refléter cette évolution ; il la met en forme et la diffuse. Dans La Dolce Vita (1960), Federico Fellini met en scène un monde où la visibilité devient constitutive de la position sociale. La figure du paparazzi symbolise ce basculement : la réputation n’est plus seulement un capital relationnel discret, mais un objet exposé, capté et reproduit. La transnationalité privée entre ainsi dans un régime de médiatisation qui en modifie profondément les logiques. Dans ce contexte, la nature même de la puissance élitaire se transforme. Les figures de l’entre-deux-guerres — Émile Mayrisch, Aristide Zaharoff ou J. Paul Getty — fondaient leur légitimité sur la production et les ressources. Avec Armand Hammer apparaît une première extension vers des espaces idéologiquement distincts ; sa capacité à naviguer entre les États-Unis et l’Union soviétique annonce une transnationalité élargie à des systèmes idéologiquement opposés.
Mais la véritable rupture est incarnée par Robert Maxwell, mais également chez des magnats des médias comme Rupert Murdoch ou Silvio Berlusconi. Chez eux, les différents invariants de la transnationalité privée cessent de coexister pour se concentrer. L’évergétisme demeure, mais il est indissociable d’une stratégie de visibilité ; l’affairisme persiste, mais il s’inscrit dans des circuits médiatisés ; la mobilité est totale, mais elle s’accompagne d’une présence constante dans l’espace public. En élargissant rapidement son empire médiatique en Australie et en Nouvelle-Zélande (1950-1960), au Royaume-Uni (1969) et aux États-Unis (1974), Murdoch obtient une mainmise médiatique conduisant à plusieurs tournants politiques majeurs dans ces pays. À son échelle, l’entrepreneur immobilier devenu roi des médias italiens, Silvio Berlusconi, se construit une stature politique qui a peut-être inspiré un autre milliardaire de l’immobilier, Donald Trump. Toutefois, c’est Robert Maxwell qui introduit la maîtrise des médias dans les réseaux élitaires transnationaux. La réputation n’est plus seulement un capital à préserver ou à ajuster ; elle devient un objet que l’on peut produire, orienter et contrôler. L’armateur grec Aristote Onassis n’avait fait que l’effleurer en devenant l’amant de la célèbre cantatrice Maria Callas (1959-1968), puis en épousant Jacqueline Kennedy, jolie veuve d’un président américain (1968-1975).
Ce déplacement est décisif. Les réseaux transnationaux ne sont plus seulement des espaces d’interaction, mais des structures susceptibles d’être organisées et mises en scène. Avec Maxwell, la transnationalité privée franchit un seuil : elle devient un système cohérent, à la fois visible et maîtrisable, préparant les conditions de sa transformation ultérieure.
Transmission et dérive globale (1970–2000)
Avec Robert Maxwell, la transnationalité privée atteint un point de concentration inédit. Là où ses prédécesseurs, comme ses concurrents, mobilisaient séparément les ressources économiques, sociales et culturelles, Maxwell les articule en une synthèse opératoire. Évergétisme, affairisme, mobilité et maîtrise de l’information ne sont plus des dimensions distinctes : ils deviennent les composantes d’un même dispositif, permettant d’agir simultanément sur les réseaux, les flux et leur représentation. La puissance ne réside plus seulement dans l’accès aux élites, mais dans la capacité à structurer l’espace dans lequel elles évoluent.
La mort tragique de Maxwell (5 novembre 1991), survenue dans des circonstances demeurées troubles, constitue à cet égard un moment de bascule. Elle ne met pas fin à ce système ; elle en révèle au contraire la transformation la plus profonde. En concentrant ces différents leviers, Maxwell a rendu la transnationalité privée transmissible. Ce qui relevait jusqu’alors de trajectoires individuelles devient un ensemble de pratiques, de codes et de réseaux susceptibles d’être repris, prolongés et adaptés. Cette transmission s’incarne notamment dans la figure de Ghislaine Maxwell. Héritière d’un univers social et relationnel, elle en maîtrise les codes et les usages. Elle assure la continuité d’un système désormais détaché de son fondateur. La transnationalité privée cesse d’être strictement individuelle pour devenir reproductible : elle n’est plus seulement vécue, elle est apprise et transmise.
Dans ce cadre, la trajectoire de Jeffrey Epstein doit être reconsidérée. Loin d’être un créateur de réseaux, il apparaît comme un acteur capable d’exploiter un dispositif préexistant. Son insertion repose sur des médiations, au premier rang desquelles Ghislaine Maxwell, et donc le réseau de son père. Il apporte des ressources — financières, logistiques — mais celles-ci ne prennent sens que dans un système déjà constitué. En ce sens, Epstein n’est pas à l’origine de la transnationalité qu’il mobilise : il en est un produit, et l’un de ses révélateurs les plus extrêmes.
La mondialisation amplifie ce phénomène en lui donnant une dimension nouvelle. L’élargissement des espaces de circulation, la densification des interactions et l’accélération des flux d’information transforment la transnationalité privée en un système global. Dans le même temps, une rupture culturelle s’opère. Avec l’émergence de pôles comme la Silicon Valley 2.0 (depuis 2006) ou le Dubai Bling (depuis 2022), une nouvelle génération d’acteurs redéfinit les codes de la puissance et de la sociabilité. À l’évergétisme traditionnel se substituent des formes plus ostentatoires de légitimation ; à la reputatio construite, une visibilité immédiate ; à l’affairisme structuré, des logiques d’innovation et de disruption. Cette culture de l’excès, souvent résumée par une triade implicite — richesse rapide, exposition médiatique, hédonisme — est mise en scène et critiquée jusque dans des productions télévisées comme la série à succès Californication (2007-2014) autour de la triade « Sea, Sex and Drug ».
Pourtant, Jeffrey Epstein ne s’inscrit qu’imparfaitement dans cette visibilité. Là où la jet set de l’après-guerre exposait ses excès dans des espaces publics, il opère dans un registre différent : celui de la discrétion et de la privatisation extrême. Ce n’est plus la sociabilité ouverte des stations balnéaires de la Riviera italienne ou des festivals de cinéma à Cannes, Venise ou Berlin, mais celle, fermée et opaque, d’îles privées et de réseaux restreints. Cette évolution marque un basculement : la transnationalité privée, devenue globale et médiatisée, peut également se replier dans des espaces d’invisibilité où s’expriment ses dérives les plus profondes. Avec ses soirées en compagnie de femmes plus jeunes que lui, et des relations présumées qui en découlaient, Berlusconi avait en quelque sorte servi de précurseur à la transformation de cette « douceur de vivre » affichée en une forme plus sombre, presque clandestine, de la transnationalité élitaire.
Ainsi, la disparition de Maxwell ne clôt pas une époque : elle ouvre celle d’un système pleinement constitué, médiatisé, transmissible, globalisé mais déjà fragmenté. Les figures ostentatoires et opaques qui émergent alors ne sont pas des anomalies, mais les manifestations d’une transnationalité privée arrivée à maturité — capable de produire à la fois ses formes de légitimation et ses propres excès, jusqu’à la dérive.
Ainsi, l’histoire des réseaux transnationaux privés ne conduit pas seulement à éclairer le passé ; elle engage une réflexion sur le présent. Entre continuité des mécanismes et transformation des formes, elle révèle une tension persistante entre puissance, légitimité et responsabilité — tension qui demeure au cœur des sociétés contemporaines.
Mais cette évolution connaît aujourd’hui une inflexion supplémentaire. Longtemps circonscrite à des élites restreintes, la transnationalité privée tend à se diffuser sous une forme dégradée ou mimétique dans des segments plus larges de la société. Les logiques de mobilité internationale, de mise en scène de soi, d’accumulation rapide et de visibilité médiatique ne sont plus l’apanage exclusif des grandes figures économiques ou politiques. Elles irriguent désormais une culture globale où se mêlent influenceurs, célébrités et entrepreneurs de visibilité.
Des figures comme ou incarnent, chacune à leur manière, cette appropriation populaire des codes de la Jet Set. Les mobilités vers des espaces devenus des pôles d’attraction pour ces trajectoires traduisent l’existence d’une transnationalité simplifiée, fondée moins sur la structuration de réseaux que sur leur simulation. À l’évergétisme se substitue l’ostentation ; à la reputatio, la visibilité brute ; à l’affairisme structuré, des formes plus instables d’accumulation et d’exposition.
Ce phénomène ne doit pas être réduit à une simple dérive culturelle. Il constitue la face visible d’un système plus profond : celui d’une transnationalité devenue suffisamment puissante pour produire ses propres imitations. Là où les élites traditionnelles cherchaient à stabiliser leur légitimité, ces nouvelles figures évoluent dans un espace où la visibilité tient lieu de reconnaissance. Cette diffusion contribue à brouiller les frontières entre élites et non-élites, entre puissance réelle et puissance perçue.
Dans ce contexte élargi, des figures comme Kim Kardashian ou la défunte Loana Petrucciani (1977-2026) ne constituent plus des exceptions, mais des points de convergence entre différentes strates de cette transnationalité. Elles articulent puissance économique, visibilité médiatique et capacité d’influence dans un espace où les codes circulent désormais à toutes les échelles.
Ainsi, de l’évergétisme antique aux réseaux globalisés contemporains, la transnationalité privée n’a cessé de se transformer sans jamais disparaître. Mais en se diffusant, elle change de nature : d’instrument de structuration des élites, elle devient un modèle culturel global, porteur à la fois d’intégration et de dérives. C’est dans cet écart, entre héritage et imitation, entre maîtrise et exhibition, que se joue désormais une part essentielle de l’équilibre des sociétés contemporaines.
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