Le Maire de Saint-Raphaël, Frédéric Masquelier, répond aux questions d’Arnaud Benedetti.

1/ Quels enseignements retirez-vous de votre victoire dès le premier tour à Saint-Raphaël ?

C’est une très grande satisfaction pour moi et pour l’équipe qui m’entoure. En l’espace de 6 ans, avec 65,65 % des suffrages exprimés, mon score a progressé de 8 points et avec 11142 voix, j’ai obtenu les suffrages de 4689 électeurs supplémentaires par rapport à 2020.

Cela montre que lorsque l’on porte un vrai projet pour sa ville, que l’on offre une vision claire de l’avenir que l’on propose à ses administrés, on est très largement suivis. Être au contact des habitants, faire ce que l’on dit et le faire avec le sérieux et la rigueur nécessaire, c’est ce à quoi je me suis astreint et je constate que les habitants en sont reconnaissants.

Évidemment, cette confiance si largement renouvelée m’oblige à être encore plus attentif au respect de mes engagements et à l’écoute de mes administrés.

J’ajoute que j’y vois d’une part la validation du combat que je mène contre le projet de la ligne nouvelle Provence-Côte d’Azur, et d’autre part un échec cinglant du président de région dont le candidat a été très largement battu.

2/ Au-delà de Saint-Raphaël, quelle est votre analyse sur la situation de la droite dans votre département et plus largement dans la PACA ?

Dans un scrutin municipal, les électeurs se prononcent plus sur la personnalité des candidats et leurs projets que sur une étiquette politique.

L’immense majorité des candidats se sont d’ailleurs affranchis de tout affichage partisan sans que les électeurs ne soient dupes.

Il est toutefois incontestable que si l’union des droites ne s’est pas systématiquement affichée, elle n’a pas été pour autant désapprouvée par les électeurs.

Et lorsque cette union a été clairement affichée, comme par exemple à Puget-sur-Argens, force est de constater que les électeurs l’ont plébiscitée en élisant dès le premier tour le candidat qui s’en réclamait ouvertement.

Les résultats des candidats soutenus par l’UDR d’Eric Ciotti ont d’ailleurs réalisé de très bons résultats dans leurs communes, que ce soit au Pradet ou à La Valette-du-Var.

3/ Cette transversalité des droites qui semble, par exemple, prendre forme électoralement dans le Var ou dans les Alpes-Maritimes préfigure-t-elle selon vous une recomposition plus large dans la perspective des présidentielles ?

L’impact de la victoire d’Éric Ciotti à Nice, si elle se confirme dimanche soir, aura un impact psychologique très fort.

On voit clairement que c’est déjà le cas avec le retrait du soutien de LR au maire sortant de Nice. Les manœuvres d’appareil en vue des présidentielles ont donc déjà pris en compte cette évolution.

En politique, il y a une règle très simple : c’est l’électeur qui fixe ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Force est de constater qu’aujourd’hui, le rejet de LFI est beaucoup plus fort et puissant que celui de l’union des droites.

Le second tour des municipales dans les villes où le PS a conclu des accords de fusion avec le parti de Jean-Luc Mélenchon sera à cet égard très instructif.


Arnaud Benedetti

Ancien rédacteur en chef de la Revue politique et parlementaire, Arnaud Benedetti est professeur associé à Sorbonne-Université, essayiste et spécialiste de communication politique. Il intervient régulièrement dans les médias (Le Figaro, Valeurs actuelles, Atlantico, CNews, Radio France) pour analyser les stratégies de pouvoir et les mécanismes de communication. Parmi ses ouvrages figurent Le Coup de com’ permanent (Cerf, 2018), Comment sont morts les politiques ? Le grand malaise du pouvoir (Cerf, 2021), ainsi qu’Aux portes du pouvoir : RN, l’inéluctable victoire ? (Michel Lafon, 2024). Ses travaux portent sur les transformations du discours public et les évolutions de la vie politique française.

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