Le constitutionnaliste Benjamin Morel, auteur du récent ouvrage « Le Nouveau Régime ou L’impossible parlementarisme », dresse pour la Nouvelle Revue Politique un constat sans détour de l’année écoulée. Selon lui, 2025 a révélé la fragilité structurelle de la Ve République face à un paysage politique éclaté et des institutions mises sous tension. Morel rappelle que la stabilité ne dépend pas uniquement du texte constitutionnel mais surtout de la manière dont les acteurs politiques en usent ou en abusent. À ses yeux, la multiplication des crises, l’affaiblissement du Parlement et les rapports de force mouvants ont transformé le système en champ de turbulences permanentes.
L’universitaire estime que cette dynamique ne s’essoufflera pas en 2026, bien au contraire. Il évoque une possible « instabilité systémique » pouvant perdurer jusqu’à l’après 2027, en raison d’un exécutif fragilisé, d’une Assemblée fragmentée et d’un climat social incertain. Pour Morel, le pays entre dans une zone grise où la mécanique institutionnelle peine à amortir les chocs politiques. Un constat qui, loin d’être pessimiste pour le plaisir, se veut une mise en garde lucide : sans redéfinition des pratiques et des équilibres, la Ve République continuera à naviguer en eau agitée.
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