En tournée internationale, avec une étape française, le fils aîné de Jair Bolsonaro veut en finir avec le système Lula. Sénateur, il est le candidat de la droite brésilienne pour la présidentielle d’octobre prochain.

Par Antoine Colonna

Veste sportive, pull ras de cou, Flávio Bolsonaro, 44 ans, à l’allure dynamique, fait de la politique depuis plus de 20 ans. Il salue les journalistes venus assister à sa conférence de presse dans un salon du restaurant Laurent, à quelques encablures de l’Élysée.

Il croit en ses chances de succès pour « ramener la prospérité » et « la lumière » au Brésil. Les sondages le donnent dans un mouchoir avec son adversaire de gauche, le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva. L’actuel président, qui se représente, a réussi à faire embastiller Jair Bolsonaro. Flávio relève donc le gant, remplaçant son père comme champion de la droite.

Ses priorités visent à remettre le pays en ordre. La lutte contre la criminalité, la fiscalité abusive, la corruption, la remise en ordre des comptes publics sont les clés de la politique qu’il entend mener. « Il faut prendre conscience, changer les mentalités, pour que les jeunes générations puissent comprendre qu’elles peuvent réussir selon leurs propres mérites, sans dépendre des fonds publics » précise-t-il.

« Lula est comme une vieille voiture. Elle est lente, inconfortable, peu maniable »

Alors que Jair Bolsonaro était un président catholique, son fils pourrait devenir le premier président évangélique (la religion de sa mère) du Brésil. Mais pour lui, il s’agit des mêmes valeurs conservatrices . « Celles de la majorité des Brésiliens » […] « Nous voulons les défendre contre la drogue, l’éducation sexuelle à l’école et les interventions permanentes de la gauche. Les familles doivent être libres de transmettre les valeurs, ce n’est pas à l’école de le faire ».

Voilà son programme , ancré dans un libéralisme d’une droite qui entend être patriotique et religieuse. Il se veut axé sur des valeurs fortes, mais avec, en termes de politique étrangère et économique, beaucoup plus de pragmatisme que d’idéologie.

Il observe autour de lui le basculement progressif de l’Amérique latine vers la droite, comme en Argentine ou au Chili. Il se dit prêt à travailler avec ses voisins sur les grands enjeux économiques, dont celui central, de la réindustrialisation.

Parmi les voisins du Brésil, il y a bien sûr la France. La Guyane française fait de son pays le voisin avec lequel nous partageons notre plus grande frontière terrestre. Sans ambages, il prévient : « Nous serons très heureux de travailler avec la France, mais cela après le départ de Macron, une personne avec qui l’on ne peut pas construire ». Le domaine énergétique sera une priorité de cette relation avec un pays qu’il dit aimer.

Quoiqu’il en soit, sa politique étrangère sera celle du Brésil d’abord. « Chacun doit choisir ses partenaires en fonction des intérêts nationaux ». Cela implique que Brasilia considère pouvoir « parler avec Washington, Pékin ou Moscou, à condition que notre dépendance à ces pays soit équilibrée ».

Avant de passer par Paris où il a travaillé ses réseaux, Flávio Bolsonaro a débuté sa tournée internationale aux Émirats avant de faire étape à Jérusalem pour rencontrer le Premier ministre Benjamin Netanyahou. Un voyage qu’il décrit également comme la marque de son ouverture diplomatique. « Je parle avec toutes les communautés ».

Concernant Israël, le candidat est explicite : « Je défends le droit d’Israël d’exister et de se défendre. Si les terroristes baissent les armes, il ny a plus de guerre, si Israël baisse les armes, il ny aura plus dIsraël ». Flávio Bolsonaro annonce aussi vouloir parachever la politique entamée par son père à l’égard de l’État hébreu. Il s’agit de transférer l’ambassade du Brésil de Tel-Aviv à Jérusalem comme Trump l’a déjà fait.

Un Trump qui a quelques similitudes avec les Bolsonaro. Un certain succès dans les affaires, notamment immobilières, qui ont valu au sénateur l’attention des juges, mais plus important pour Jair, d’avoir réchappé à des tentatives d’assassinat. Une chance interprétée par beaucoup, aux États-Unis et au Brésil, comme une intervention divine. Flávio Bolsonaro qui mène son combat politique au nom de son père, n’oublie pas, même en conférence de presse, de remercier son autre père pour les miracles accomplis.

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