Eric Muraille est diplômé de l’Université libre de Bruxelles (ULB), Eric Muraille est biologiste et immunologiste. Il est aujourd’hui directeur de recherche au FRS-FNRS, rattaché à l’ULB, et collaborateur scientifique à l’Université de Namur. Ses recherches expérimentales portent principalement sur l’immunologie des infections bactériennes, en particulier les interactions hôte-pathogène et le développement de stratégies vaccinales. Il s’implique également activement dans la communication scientifique auprès du grand public, à travers des articles et interventions portant sur l’immunologie, les enjeux sanitaires, la méthode scientifique, les controverses publiques et le rôle de la science dans la société, ce qui lui a valu le Prix de la diffusion scientifique de l’ULB en 2021. Lauréat également du Prix GSK Vaccins en 2025, il enseigne l’immunologie de l’infection et la philosophie des sciences.

 

Depuis les années 2010, les tentatives de censure de conférences, débats et colloques se sont banalisées dans les universités occidentales. Le débat public s’attarde généralement sur les motivations idéologiques de ces mobilisations, laissant dans l’ombre une question plus décisive : comment des institutions fondées pour garantir la libre recherche et la confrontation rationnelle des idées en viennent-elles à tolérer, puis à normaliser, des pratiques manifestement illibérales ?

À travers le cas de l’Université libre de Bruxelles (ULB), cet article montre comment les normes de la liberté académique peuvent s’éroder progressivement, malgré des traditions institutionnelles fortes, jusqu’à rendre l’université perméable à la captation par des organisations politiques radicales extérieures.

Il soutient enfin que l’absence, en Europe, d’une définition commune normative claire de la liberté académique constitue un risque systémique, susceptible de généraliser cette dynamique à l’ensemble des institutions d’enseignement supérieur.

La libre pensée comme norme fondatrice

Fondée en 1834 par des francs-maçons libéraux, l’ULB a été conçue comme un contrepoids à l’Université catholique de Louvain, créée la même année pour promouvoir une doctrine catholique antimoderne inspirée par le pape Grégoire XVI. Ce dernier condamnait le libéralisme, la liberté de conscience, la liberté de la presse et la rationalité critique — positions explicitement assumées par les fondateurs de Louvain. Face à cette menace pour l’enseignement supérieur belge, l’ULB adopta dès l’origine une orientation résolument anticléricale et libérale, fondée sur la liberté de conscience et l’indépendance à l’égard de toute autorité religieuse.

Le principe du Libre Examen devint ainsi la valeur fondatrice de l’université : rejet des arguments d’autorité, autonomie du jugement et primauté des faits. Formulé pour la première fois en 1854 par le fondateur Pierre-Théodore Verhaegen, il fut inscrit officiellement dans les statuts de l’ULB en 1984. Cette tradition issue des Lumières peut être considérée comme un précurseur philosophique du principe moderne de la liberté académique, formalisé en 1915 par l’American Association of University Professors (AAUP).

Pendant des décennies, ces valeurs furent activement transmises aux étudiants par le Cercle du Libre Examen (LIBREX), fondé en 1928, qui défendait la pensée critique fondée sur les faits, la tolérance à l’égard des opinions opposées et le respect de la dignité humaine.

L’érosion progressive des normes académiques

Dans la seconde moitié du XXᵉ siècle, la société belge connut une sécularisation rapide. Les institutions catholiques déclinèrent, tandis que les partis catholiques perdaient de l’influence au profit des forces socialistes et libérales. Parallèlement, l’immigration marocaine et turque à partir des années 1960 entraîna une croissance significative de l’islam, devenu la deuxième religion du pays. Cette évolution démographique se refléta à l’ULB par l’augmentation du nombre d’étudiants musulmans, la création en 1996 du Cercle des étudiants arabes européens (CEAE) et la multiplication de conférences consacrées au monde musulman.

En 2006, une conférence sur l’héritage ottoman, organisée à l’ULB par l’Union des démocrates turcs européens (UETD) liée au parti turc AKP, avec la participation du prédicateur islamique Tariq Ramadan — petit-fils du fondateur des Frères musulmans — et du ministre turc Mehmet Aydın, provoqua une vive controverse. Les critiques dénoncèrent son caractère idéologique et apologétique, notamment concernant le génocide arménien et l’influence de l’AKP islamiste au pouvoir en Turquie. Bien que l’ULB se soit publiquement distanciée de l’événement et ait réaffirmé son attachement à la laïcité et au Libre Examen, des considérations diplomatiques la contraignirent à laisser la conférence se tenir.

C’est dans ce contexte que le recteur Philippe Vincke lança un « chantier des valeurs », destiné à redéfinir le sens du Libre Examen face aux fondamentalismes religieux et politiques. Les débats devinrent rapidement acrimonieux. En 2007, l’ULB annula une nouvelle conférence de Tariq Ramadan organisée par le CEAE, invoquant l’incompatibilité de certaines de ses positions avec les valeurs laïques de l’université. Cette décision suscita une opposition interne virulente : l’administration fut accusée de dogmatisme et d’hostilité à l’égard de l’islam.

Une carte blanche publiée dans Le Soir, signée par le professeur Mateo Alaluf et l’assistant Souhail Chichah, et cosignée par plusieurs enseignants en philosophie et en droit, dénonça une « Kulturkampf anti-islamique » menée par le rectorat pour imposer des valeurs officielles à l’ULB. Parmi les treize signataires figurait l’actuelle rectrice de l’ULB, Annemie Schaus.

La controverse culmina avec des manifestations étudiantes, la création d’un « Collectif des 100 valeurs » et le retour triomphal de Tariq Ramadan à l’ULB en 2008 pour une conférence organisée par LIBREX. Peu après, le chantier des valeurs fut discrètement abandonné par le rectorat, illustrant l’incapacité de l’institution à débattre sereinement de ses principes fondateurs sans se fracturer profondément — laissant l’ULB dépourvue de cadre normatif partagé.

Radicalisation des débats et implantation du BDS

En 2010, Souhail Chichah et le LIBREX organisèrent conjointement une conférence au titre volontairement provocateur : « Est-il permis de débattre avec Dieudonné ? » L’événement comprenait la projection d’un film documentaire sur l’humoriste Dieudonné, suivie d’une discussion sur la liberté d’expression. Dieudonné a été à plusieurs reprises poursuivi et condamné en France pour antisémitisme. En 2009, il s’était présenté aux élections européennes sur la liste du « Parti anti-sioniste ». La conférence est rapidement devenue très controversée. Les critiques ont dénoncé ce qu’ils percevaient comme une présentation trop favorable de Dieudonné et une normalisation inacceptable de ses positions antisémites.

La situation se dégrada nettement en 2012 lors d’un débat sur la banalisation de l’extrême droite, auquel participait la journaliste Caroline Fourest, figure engagée de la défense de la laïcité. Des perturbations répétées, organisées par Souhail Chichah, conduisirent à la suspension puis à l’annulation de la conférence. Caroline Fourest dénonça l’infiltration de cercles étudiants par des mouvements pro-islamistes liés aux Frères musulmans et à l’extrême droite turque, évoquant même des intentions de « lapidation symbolique ». L’incident provoqua une vague de réactions médiatiques et académiques, des accusations d’entrisme islamiste et une pétition dénonçant la passivité des autorités universitaires face à des groupes hostiles à la laïcité.

La même année, l’ULB autorisa la création d’une section du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) sur le campus, devenant la première université européenne à reconnaître officiellement un groupe appelant au boycott académique d’Israël — en contradiction avec la norme académique interdisant toute discrimination fondée sur la nationalité des chercheurs. Bien que vivement critiquée par des enseignants et des anciens étudiants, cette décision fut défendue par certains professeurs de droit au nom de la liberté d’expression. Elle constitua une victoire stratégique majeure pour le mouvement BDS, désormais habilité à organiser des activités au sein même de l’université.

Cette reconnaissance marqua un tournant dans la normalisation d’un militantisme politique à l’ULB et l’émergence d’un discours contestant la légitimité même de l’État d’Israël. Elle fut suivie d’incidents récurrents et de l’invitation de figures liées à des organisations extrémistes, telles que Salah Hamouri, ancien membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) condamné pour terrorisme, ou Charlotte Kates, coordinatrice du réseau international Samidoun.

L’occupation pro-palestinienne

Après l’attaque terroriste du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et la riposte militaire israélienne à Gaza, l’ULB connut une multiplication de communications et de conférences exclusivement centrées sur le récit palestinien, tandis que le massacre du 7 octobre était largement passé sous silence. Dès le 15 octobre, BDS-ULB diffusa sur les réseaux sociaux une rhétorique accusant Israël de « génocide », reprise par plusieurs cercles étudiants et accompagnée de manifestations et d’exigences d’actions institutionnelles. Entre octobre 2023 et mai 2024, le CEAE et le LIBREX organisèrent des conférences propalestiniennes, dont l’une présentait les attaques du 7 octobre comme une réaction au « système colonial » israélien.

Dans le sillage de mobilisations similaires aux États-Unis, l’ULB fut occupée le 7 mai 2024 pendant sept semaines par une cinquantaine d’activistes se présentant comme l’« Université populaire de Bruxelles » (UPB). L’occupation bénéficia du soutien explicite d’organisations étudiantes, syndicales et d’un collectif d’enseignants. Durant cette période, des symboles glorifiant la lutte armée et des figures terroristes telles que Walid Daqqa ou Georges Ibrahim Abdallah furent affichés, tandis que des incidents antisémites furent signalés. L’UPB exigea également l’annulation de conférences jugées adverses, notamment celle de l’historien Eli Barnavi, qui dut se tenir sous forte protection policière. Plusieurs professeurs — dont moi-même — furent publiquement diffamés comme « fascistes » ou « sionistes » pour avoir défendu la liberté académique et dénoncé le boycott académique d’Israël.

Il apparut rapidement que, bien que menée par des étudiants de l’ULB, l’occupation était infiltrée par des organisations extérieures radicales, notamment Samidoun (réseau international lié au FPLP et au Hamas, interdit en Allemagne, au Canada et aux États-Unis) et Classe contre Classe, un collectif communiste révolutionnaire fondé par d’anciens membres des Cellules communistes combattantes (CCC), organisation terroriste active en Belgique dans les années 1980. Des conférences animées par Khaled Barakat et Mohamed Khatib (Samidoun), ainsi que par Bertrand Sassoye, fondateur de Classe-Contre-Classe et ex-membre des CCC, se tinrent à l’intérieur du bâtiment occupé. Malgré des mises en garde formelles adressées au rectorat par un groupe de professeurs, la direction persista à présenter le mouvement comme strictement étudiant.

Après l’évacuation policière, des dégradations importantes furent constatées, pour un coût de réparation estimé entre 500 000 et 700 000 euros. Les occupants ne subirent aucune sanction disciplinaire universitaire, mais furent poursuivis par la justice belge pour appartenance à une organisation prônant la discrimination. Malgré cela, en octobre 2024, de nombreuses organisations étudiantes et syndicales publièrent un communiqué de soutien aux occupants. En novembre, le CEAE tenta à nouveau d’inviter Mohamed Khatib à donner une conférence, invitation finalement refusée par le rectorat.

Une plateforme du militantisme palestinien

Loin d’apaiser les tensions, l’évacuation policière consacra une politisation durable et extrême du débat à l’ULB.

À l’automne 2024, plusieurs conférences ouvertement militantes propalestiniennes, notamment avec l’eurodéputée Rima Hassan et la philosophe Judith Butler, présentant le 7 octobre comme un acte de résistance, se tinrent sans incident. En revanche, une table ronde pluraliste organisée par l’ULB en décembre 2024, réunissant des représentants de partis de gauche et de droite, fut violemment contestée par des cercles étudiants, dont LIBREX, dénonçant la présence de prétendus « fascistes », tels que le libéral Georges-Louis Bouchez. L’événement ne put avoir lieu que sous forte protection policière.

Cette asymétrie révèle l’émergence d’une nouvelle norme : tolérance pour les discours alignés sur une idéologie propalestinienne de gauche, obstruction systématique des débats intégrant des positions jugées incompatibles avec cet horizon idéologique. Les médias belges s’interrogent désormais ouvertement sur la possibilité d’un véritable débat intellectuel à l’ULB, tant les pratiques actuelles semblent éloignées du principe historique du Libre Examen.

La radicalisation d’une partie croissante des étudiants apparut clairement en 2025, lorsque Rima Hassan fut élue marraine de la promotion de droit et de criminologie. La représentante étudiante Violaine Lafontaine déclara : « Ce n’était pas un choix politique, mais un choix de futurs juristes », affirmation qui suscita de vives inquiétudes au regard des poursuites judiciaires en cours contre Rima Hassan en France pour menaces de mort, incitation à la haine et apologie du terrorisme. Malgré la controverse, le rectorat valida la décision au nom de la démocratie, tout en se distanciant officiellement de cette désignation.

La science sous pression

Même la recherche scientifique n’est plus épargnée. Le 14 novembre 2025, une conférence intitulée « Biologie de l’homosexualité », donnée par Jacques Balthazart, professeur émérite de l’Université de Liège et neuroendocrinologue de renommée internationale, fut perturbée. Organisée dans le cadre d’un cycle « Science et Société » soutenu par la Faculté de médecine, la conférence visait à éclairer les débats sociaux sur l’homosexualité à partir de données empiriques concernant le rôle des gènes et des hormones chez l’animal et chez l’humain.

Avant l’événement, des autocollants de Classe-Contre-Classe glorifiant « la lutte armée du peuple palestinien » et des tracts anonymes accusant les organisateurs de fascisme, d’homophobie, de sexisme, de transphobie et d’islamophobie furent distribués, appelant explicitement à bloquer cette « parole dangereuse ». Pendant la conférence, des alarmes incendie déclenchées à répétition interrompirent l’exposé. Lorsqu’il put finalement se poursuivre, aucune objection scientifique ne fut formulée par l’auditoire — fait attesté par l’enregistrement.

La semaine suivante, le LIBREX publia néanmoins un communiqué reprenant les accusations des tracts et lança une pétition exigeant l’annulation du cycle de conférences, qualifié de pseudoscientifique et politiquement réactionnaire. Ces accusations furent relayées par d’autres cercles étudiants, collectifs militants et médias alternatifs de gauche. Les plaintes déposées par les organisateurs n’aboutirent à aucune sanction universitaire, bien qu’une enquête pénale ait été ouverte.

Cet épisode montre que même des conférences scientifiques peuvent désormais être entravées à l’ULB lorsqu’elles remettent en cause certains récits idéologiques, notamment ceux qui rejettent la vision de la « tabula rasa » de la nature humaine. Ce phénomène, analysé par Steven Pinker et plus récemment par Peggy Sastre, témoigne d’un durcissement de la censure idéologique au sein du monde académique.

Le déni des autorités

À la suite des violences entourant la conférence de Georges-Louis Bouchez, la rectrice Annemie Schaus se présenta dans les médias comme victime à la fois d’étudiants militants et de professeurs jugés intolérants. Ces derniers — dont je fais partie — reprochent au rectorat d’avoir mené durant l’occupation propalestinienne une politique d’apaisement rappelant les accords de Munich : tolérer des activistes liés à des organisations terroristes pour éviter l’escalade. Dans les faits, cette stratégie a nourri une radicalisation accrue, comme en témoigne la multiplication récente de menaces et d’intimidations, y compris à l’encontre de la rectrice elle-même.

Plus préoccupant encore est le refus persistant des autorités universitaires de reconnaître le rôle joué par des organisations extérieures telles que le BDS, Classe-Contre-Classe ou Samidoun dans la dégradation du climat académique. Seul le vice-recteur Marius Gilbert a reconnu indirectement cette réalité, justifiant la tolérance institutionnelle au nom de l’exposition des étudiants à la diversité des idées. Mais ce principe, légitime en soi, ne saurait justifier l’abandon des étudiants à des militants professionnels soutenant des organisations violentes, comme Mohammed Khatib — qualifié de « prédicateur de haine » par l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM) ou l’ex-terroriste Bertrand Sassoye, ni justifier la normalisation d’appels à la lutte armée contre des civils sur un campus universitaire.

Ces groupes exploitent clairement la légitimité académique de l’ULB en y organisant conférences et formations via des associations étudiantes reconnues, tout en animant en parallèle une « School of revolution » hors campus. Cette dernière, qui organise des conférences et des formations, exclut explicitement certains publics — « fascistes » et « sionistes » — et assimile toute critique au fascisme. Cette logique relève de l’endoctrinement et de l’exclusion, à l’opposé de l’esprit critique et de la tolérance.

Un risque systémique

À la question de savoir comment une culture de l’annulation peut se normaliser au sein d’une université censée être régie par des normes académiques destinées à l’en prémunir, le cas de l’ULB apporte une réponse claire : c’est l’érosion progressive de ces normes, remplacées par une conception de la liberté d’expression détachée de toute exigence épistémique, qui rend l’institution perméable à la « cancel culture » et vulnérable à la captation par des organisations politiques radicales extérieures.

D’autres universités européennes pourraient suivre cette trajectoire. La liberté académique s’est imposée comme norme internationale au XXᵉ siècle, mais son contenu varie fortement selon les traditions juridiques, avec des conséquences concrètes sur la capacité des universités à produire du savoir et à former des esprits critiques.

Aux États-Unis, bien que non explicitement inscrite dans la Constitution, la liberté académique repose sur le cadre normatif précis élaboré par l’AAUP. Cette conception l’ancre dans une exigence épistémique : elle protège la recherche et l’enseignement conformes aux normes de l’enquête scientifique, et non toutes les formes d’expression individuelle ou militante. Elle distingue l’expertise de l’opinion et fonde la liberté académique sur la responsabilité professionnelle.

En Europe, en revanche, la liberté académique est reconnue comme un droit fondamental autonome, notamment à l’article 13 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Mais cette reconnaissance souffre d’un déficit normatif majeur : aucun critère épistémologique clair n’en définit le contenu ou les conditions d’exercice. La Magna Charta Universitatum de 1988 insiste sur l’autonomie institutionnelle, sans résoudre la question de l’arbitrage entre activité académique et militantisme politique. Là où les traditions locales sont faibles, la liberté académique risque ainsi de devenir un slogan vide.

C’est dans cette perspective que l’échec du « chantier des valeurs » de 2007 à l’ULB prend tout son sens. Faute d’une définition claire du Libre Examen, l’université s’est installée dans une indétermination normative durable, qui fonctionne désormais comme un choix politique implicite. Cette ambiguïté entrave la résolution rationnelle des conflits et favorise l’autocensure, le conformisme intellectuel et le déplacement du désaccord vers des rapports de force militants et médiatiques.

Le cas de l’ULB souligne ainsi l’urgence, pour les universités européennes, de rouvrir le débat sur les normes de la liberté académique et d’adopter une déclaration de principes claire, inspirée de l’AAUP, afin d’en restaurer la portée opérationnelle et de préserver les missions fondamentales de l’enseignement supérieur.

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