Encore une fois, la France trahit le peuple iranien en même temps qu’elle trahit ses idéaux proclamés de défense des droits de l’homme et de l’humanitaire. La première trahison remonte à 1979 lorsqu’après avoir accueilli l’Ayatollah Khomeini dans les Yvelines à Neauphle-le-Château comme un héros et honoré comme tel, notre diplomatie a organisé son retour à Téhéran sur un vol d’Air France. La deuxième trahison réside dans la signature en 2015 de l’Accord de Vienne pour « limiter le programme nucléaire iranien pendant dix ans », sachant parfaitement que la République Islamique d’Iran ne s’y plierait pas, mais empocherait sans scrupule les bénéfices de la levée des sanctions prévue comme une contrepartie en forme d’escroquerie. La troisième trahison est actuelle. C’est la pire. Notre mollesse vis-à-vis de la dictature sanguinaire des mollahs est insoutenable : Après les rencontres diplomatiques au plus haut niveau, notamment la rencontre bilatérale à l’ONU du Président Macron et de son homologue iranien le 24 septembre 2025, il y a un peu plus de trois mois, voici aujourd’hui le silence sidéral de la France face aux massacres de dizaines de milliers de manifestants pacifiques tués à bout portant, sans parler des centaines de condamnés à mort exécutés ou qui attendent leur exécution prononcée par une justice sanguinaire et aux ordres.

Le peuple iranien vit depuis 47 ans un calvaire et la France n’y est donc pas totalement étrangère.

Or elle a comme jamais l’occasion de réparer ses bévues. À la différence des révoltes des années passées, le mouvement actuel a été initié en décembre dernier par les milieux économiques, à commencer par les marchands des grandes villes qui ont été rejoints par les jeunes et moins jeunes, bien au-delà des opposants politiques actifs ; et ce également dans les plus petites villes. Des millions de manifestants sont dans la rue nuit et jour. Ils risquent à chaque instant leur vie sans que la France, notre pays autrefois fier et puissant, ne lève le petit doigt.

Une intervention américaine a été évoquée. En Europe, la guerre bat son plein en Ukraine, ayant déjà fait des millions de morts. Des manifestations ont lieu quotidiennement pour appeler les gouvernements européens à soutenir la population iranienne qui se fait massacrer par les Gardiens de la Révolution.

La NRP depuis le début des manifestations en Iran a fait le choix moral et politique de suivre l’évolution du mouvement heure par heure et de réunir quelques-uns des meilleurs connaisseurs de la situation, historiens, politologues, essayistes et autres.

Le temps est venu pour la France de retrouver son rôle international. L’inertie n’est pas une option, d’autant qu’elle ne peut manquer d’être interprétée par les mollahs comme une caution selon l’expression bien connue : « Qui ne dit mot consent. »

Aussi, de concert avec de nombreuses autres voix, nous demandons au Président de la République et à notre diplomatie :

  • D’œuvrer au niveau de l’Union européenne au classement des Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste conformément à la résolution votée au rapport de Constance Le Grip, députée, à l’Assemblée nationale ;
  • De renvoyer sans délai l’ambassadeur d’Iran ainsi que les espions de cette ambassade y agissant sous couvert diplomatique ;
  • De se concerter avec les États-Unis quand le temps viendra d’une intervention.

Le peuple iranien est prêt à la relève. Les oppositions diverses au régime se sont maintenant ralliées à l’idée d’une transition menée par Reza Pahlavi, dont les compétences, les convictions démocratiques et le courage sont unanimement reconnus.

Fasse le destin que la France soit cette fois-ci du bon côté de l’Histoire et que le peuple iranien soit sauvé des griffes des criminels qui le gouvernent !

Noëlle Lenoir, avocate, ancienne ministre, Arnaud Benedetti, directeur de la NRP, Professeur associé

 

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