Des rapports font état d’un nombre élevé de morts et de violences sans précédent contre les manifestants en Iran. Le président de la Fondation pour les martyrs et les vétérans de la République islamique a confirmé le nombre élevé de morts lors des récentes manifestations. Bien qu’il ait attribué la violence aux manifestants et les ait qualifiés de « terroristes », ses déclarations suggèrent qu’une partie importante des personnes tuées sont issues de « différents groupes de la population ».

Le ministre de la Justice du régime islamique a déclaré :
« Toute personne qui a été présente dans les rues à partir du 18 Dey (8 janvier) est considérée comme criminelle. »

Les organisations de défense des droits de l’homme ont alerté sur des arrestations massives. De nombreux témoignages font état d’une répression brutale et de véritables scènes de guerre dans la ville de Machhad. Selon plusieurs informations reçues par le « Comité pour la lutte pour la liberté des prisonniers politiques », un état de siège non déclaré a été mis en place dans la ville le 23 janvier 2026. Les forces  militaires du régime répriment sévèrement toute forme de manifestations, ciblant les rassemblements de plus de trois personnes et dispersant les citoyens par des tirs directs sans avertissement préalable.

Les forces de répression (les gardiens, les bacijis, les milices irakiens chiites en Iran, les milices pakistanais…) font usage d’une violence extrême contre les manifestants.

Des témoins oculaires rapportent que les forces de sécurité parlent souvent arabe et n’ont aucun lien avec la population locale, ce qui les incite à recourir à une violence maximale. Des raids sont organisés contre les domiciles privés pour confisquer les antennes paraboliques et empêcher l’accès aux actualités libres.

12000 personnes tuées par le régime, voire plus

Depuis le début des grandes vagues de manifestations en Iran, la question du nombre réel de victimes de la répression demeure l’un des points les plus sensibles et les plus difficiles à établir. Entre la censure étatique, les coupures d’internet, l’absence d’accès pour les médias étrangers et la pression exercée sur les familles, les bilans varient de manière spectaculaire selon les sources.

Le régime iranien ne publie pas de statistiques transparentes et fiables sur les victimes civiles. Lorsqu’il communique, il minimise les chiffres, requalifiant une partie des morts comme étant des « émeutiers armés », des « terroristes » ou des agents étrangers. Il va de soi que cette stratégie rend toute vérification indépendante extrêmement complexe.

À cela s’ajoute une pratique documentée de confiscation des corps, de pressions sur les familles, de sépultures discrètes, et parfois d’inhumations nocturnes sans cérémonie officielle, afin d’éviter la transformation des funérailles en lieux de protestation.

Selon différentes ONG l’on peut d’ores et déjà documenter plusieurs milliers de morts.

Les organisations de défense des droits humains, qui travaillent à partir de réseaux internes, de témoignages directs et de recoupements hospitaliers, évoquent un bilan déjà massif :Iran Human Rights (IHR) parle d’au moins 3 400 morts, chiffre qu’elle présente comme un minimum absolu vérifié ;

HRANA (Human Rights Activists News Agency) avance un bilan d’environ 2 500 à 2 600 morts, incluant des femmes, des enfants et de nombreux civils non armés.

Ces organisations insistent sur le fait que leurs chiffres sont incomplets, car de nombreuses régions restent inaccessibles et beaucoup de décès ne sont jamais officiellement déclarés.

La chaîne Iran International, basée hors d’Iran et alimentée par des sources internes, des employés des morgues, des personnels hospitaliers et des registres de cimetières, fournit une estimation beaucoup plus haute de plus de 12 000 morts .

Une répression systématique

Au-delà des chiffres, la nature de la répression fait consensus parmi les organisations internationales. La saturation des morgues, les pénuries de cercueils, les enterrements collectifs témoignent de cette répression systématique. L’usage de balles réelles contre des foules non armées, les tirs à la tête et au thorax , les arrestations massives, les disparitions forcées, les tortures et les viols confirment l’extrême violence déployée par le régime. Les mineurs ne sont pas épargnés .

De nombreuses vidéos authentifiées montrent des tirs directs sur des manifestants, des personnes abattues à bout portant et des blessés abandonnés dans la rue par peur des arrestations dans les hôpitaux.

Plusieurs facteurs expliquent la difficulté à établir un bilan consolidé des massacres en cours :Les coupures d’internet répétées et ciblées ; l’absence de journalistes indépendants sur le terrain ; les menaces contre les familles qui parlent ; les falsifications administratives (certificats de décès modifiés, causes travesties , etc) ;les fosses anonymes et les enterrements discrets.

La répression  a atteint une ampleur inégalée et systémique, comparable aux pires épisodes de violence d’État de ces dernières décennies.

La sortie des milliards par les mollahs

Le compte officiel du Département d’État américain en langue persane sur X  a publié un message dénonçant l’utilisation par le régime iranien de drones militaires pour réprimer les manifestants pacifiques.

Le Département d’État américain condamne fermement ces actions et souligne que le monde entier est témoin de la répression brutale exercée par le régime iranien contre ses propres citoyens. Les mollahs sont accusés de traiter les manifestants comme des ennemis et de mener une véritable guerre contre eux. Les États-Unis et la communauté internationale pourraient prendre des mesures supplémentaires pour condamner et sanctionner ces actions.

Selon une source proche  du Corps des Gardiens de la révolution islamique, environ 1,5 milliard de dollars auraient été sortis d’Iran au cours des dernières 48 heures.  Mojtaba Khamenei, le fils du leader suprême Ali Khamenei, auraittransféré environ 328 millions de dollars à Dubaï. Ces transactions seraient effectuées via des crypto-monnaies et non par le réseau bancaire traditionnel. Parallèlement, cinq grandes banques iraniennes, dont la Banque Sepah, étroitement liée au Corps des Gardiens de la révolution, serait au bord de l’effondrement. Les sanctions internationales et les révoltes internes pourraient contribuer à une instabilité accrue dans le pays entrainant la paralysie totale du régime islamique.

Le Président américain et son plan

Donald Trump a déclaré que si le peuple iranien acceptait le leadership du prince Reza Pahlavi, il ne s’y opposerait certainement pas.

Dans une interview exclusive accordée à l’agence de presse Reuters, dont des extraits ont été publiés mercredi soir 24 Dey (13 janvier), Trump a de nouveau fait référence au prince Reza Pahlavi en disant :
« Il semble être une très bonne personne, mais je ne sais pas si son pays accepterait son leadership. En revanche, si les iraniens l’acceptent, ce serait tout à fait acceptable pour moi. »

Le plan  américain n’est pas clairement arrêté, même si l’hypothèse matrice est de changer le régime de Khamenei, pour pouvoir assurer la sécurité d’Israël et tracer une nouvelle carte du moyen orient. Au sein de l’administration américaine si des divergences peuvent à ce stade continuer à exister sur l’opportunité d’une intervention militaire, la réalité de la répression tous les jours plus massives pourrait à terme favoriser cette option.

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