La question d’une éventuelle inscription des Frères musulmans du Soudan sur la liste américaine des organisations terroristes semble désormais s’inviter au cœur des échanges stratégiques entre Washington et certains partenaires du Golfe. Selon des informations issues de milieux diplomatiques, ce sujet aurait été évoqué lors d’un entretien téléphonique tenu hier entre le président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane, et le président américain Donald Trump.

Au cours de cette conversation, le dirigeant émirati aurait plaidé pour que les autorités américaines examinent la possibilité de classer les Frères musulmans soudanais parmi les organisations terroristes. Une telle demande s’inscrit dans la ligne politique défendue depuis plusieurs années par Abou Dhabi, qui considère la confrérie comme un vecteur d’islam politique susceptible de fragiliser les équilibres institutionnels dans plusieurs États du Moyen-Orient et d’Afrique.

Selon les mêmes sources, Cheikh Mohammed ben Zayed aurait également appelé Washington à étendre cette approche au parti Al-Islah au Yémen, souvent présenté comme la principale expression politique locale des Frères musulmans. Les Émirats arabes unis accusent régulièrement cette formation d’entretenir des liens idéologiques et organisationnels avec la confrérie transnationale.

Cette démarche intervient dans un contexte régional marqué par une mobilisation accrue de plusieurs monarchies du Golfe pour faire reconnaître les structures associées aux Frères musulmans comme des acteurs contribuant à l’essor de l’extrémisme politique et à l’instabilité régionale. Depuis plusieurs années, Abou Dhabi et certains de ses alliés cherchent à convaincre leurs partenaires occidentaux d’adopter une position plus ferme à l’égard de ces réseaux.

Si Washington devait franchir ce pas, une telle désignation pourrait avoir des répercussions significatives sur les circuits politiques, financiers et diplomatiques liés à la confrérie dans une large partie du Moyen-Orient et de l’Afrique, en compliquant notamment les relations internationales et les financements associés à ces organisations.

Voir aussi

Boualem Sansal raconte à la NRP l’après-prison : « Apprendre à vivre dans la liberté »

De retour en France après un an de détention en Algérie, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a livré un témoignage rare dans un entretien accordé à La Nouvelle Revue Politique, animé par Arnaud Benedetti.


0 Commentaire2 minutes de lecture

En Côte d’Ivoire, les moutons et les chiens

Stabilité : Alassane Ouattara a abusé de cette promesse pour justifier un quatrième mandat auprès de partenaires internationaux réticents. Sur le papier, le président sortant a réussi son « coup KO ». Mais braver l’aspiration d’un peuple au changement comporte aussi des risques.


0 Commentaire10 minutes de lecture

Législative partielle aux États-Unis : le sentiment anti-Trump gagne même les terres les plus conservatrices

Ce mardi 2 décembre, une élection « spéciale » au Tennessee, État le plus évangélique d’Amérique, a permis de combler un siège vacant à la Chambre des représentants. Bien que gagné par les Républicains, le scrutin témoigne de l’érosion de la base trumpiste.


0 Commentaire7 minutes de lecture

Hezbollah-Israël : une nouvelle guerre aux portes du Liban ?

Un an après l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Liban, le gouvernement libanais a pris des décisions presque révolutionnaires pour désarmer le Hezbollah.


0 Commentaire5 minutes de lecture

Privacy Preference Center